La grande saison des pluies approche dans le Sud-Togo, et elle s’annonce cette année plus précoce que d’habitude. Dans les régions Maritime et des Plateaux, agriculteurs et éleveurs sont déjà en alerte. Si les perspectives climatiques semblent globalement favorables pour la prochaine campagne agricole, les experts appellent néanmoins à ne pas brûler les étapes.
Avril, le mois de tous les débuts! Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’arrivée précoce des premières pluies, les spécialistes déconseillent formellement de se précipiter. Les précipitations de mars, bien que présentes, ne constituent pas encore le signal de départ pour les semis. Elles servent avant tout à préparer les sols et à assouplir les terres encore durcies par la saison sèche. Pour les experts agricoles, il faudrait attente le mois d’avril pour commencer les semis.
Une pluviométrie globalement favorable en début de saison
Les prévisions météorologiques pour les mois de mars, avril et mai sont encourageantes. La pluviométrie devrait se maintenir dans des niveaux normaux pour les deux régions, avant de basculer vers un régime excédentaire à partir de mai-juin.
Les séquences sèches attendues en début de saison seront de très courte durée, ce qui est une bonne nouvelle pour les jeunes cultures. Le risque de stress hydrique en début de campagne sera donc limité, offrant aux semis des conditions de démarrage favorables.
La fin de saison, une période à surveiller de près
Si le début de campagne s’annonce sous de bons auspices, la prudence reste de mise pour la suite. Vers la fin de la saison, les séquences sèches pourraient réapparaître avec une durée plus longue. Pour les cultures à cycle long, ce phénomène pourrait affecter les stades critiques de floraison et de remplissage des grains.
Les experts insistent donc sur la nécessité d’éviter les semis tardifs. Un agriculteur qui prend du retard au démarrage risque de se retrouver avec des cultures en pleine phase sensible au moment où les pluies se feront plus rares. La planification rigoureuse du calendrier cultural est donc plus que jamais essentielle cette année.
Le risque d’inondations plane sur mai, juin et juillet
C’est sans doute l’aspect le plus préoccupant des prévisions pour cette saison. Le directeur général de l’Agence nationale de la météorologie du Togo, Dr Issaou Latifou, ne mâche pas ses mots :
« De mars, avril et mai, il faut s’attendre à des pluies dont la quantité sera un peu supérieure à l’année dernière. Mais les mois de mai, juin et juillet enregistreront plus de pluies qui excéderont la normale, ce qui pourrait entraîner des inondations dans les villes comme dans les bassins ».
Ce risque concerne aussi bien les zones urbaines que les bassins versants agricoles. Pour les producteurs installés dans des zones basses ou à proximité de cours d’eau, la vigilance sera de mise.
Se préparer dès maintenant
Face à ces prévisions, l’heure n’est pas à l’attentisme mais à la préparation active. Les agriculteurs sont invités à préparer leurs parcelles dès à présent, à s’approvisionner en semences certifiées et à suivre de près les bulletins météorologiques de l’ANAMET.
Le Sud-Togo a toutes les cartes en main pour réussir cette campagne agricole. Reste à jouer la partie avec méthode et discipline, en suivant les recommandations des experts et en gardant un œil attentif sur l’évolution des conditions climatiques dans les semaines à venir.
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