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Berkane : la pluie relance la culture de la pomme de terre

Après plusieurs mois de sécheresse, les précipitations tombées fin février 2026 ont changé le visage de l’agriculture marocaine. Dans la région de Berkane, à l’est du Maroc, les producteurs de pomme de terre ont accueilli ces pluies avec un enthousiasme palpable.

 Les barrages se sont remplis, les réserves d’eau se sont reconstituées, et l’espoir a refait surface. Mohamed Saiidi, PDG de Vergers Domaine Tarifit & Packing House Eurober, souligne l’impact immédiat : « Ces pluies ont levé nos inquiétudes. L’eau est désormais disponible en abondance et toutes les cultures en profiteront. Les pommes de terre, compte tenu du calendrier, seront les premières à en montrer les effets. »

Diversification agricole et rotation culturale

Jusqu’ici, la culture de la pomme de terre était marginale dans cette zone aride : seulement 10 hectares chez Vergers Domaine Tarifit. Mais la donne a changé. L’entreprise a quadruplé ses superficies, atteignant 40 hectares fraîchement plantés. Et ce n’est pas un cas isolé : de nombreux producteurs de la région ont suivi le même mouvement.

La campagne s’annonce prometteuse. Les conditions météorologiques sont favorables, les semences disponibles, malgré un contretemps logistique : un navire transportant des semences importées a été retardé par des tempêtes avant d’accoster au port de Tanger. « Ce retard n’aura pas de conséquence sur la saison », rassure M. Saiidi.

Cette année, plusieurs variétés de pommes de terre de consommation, dont Désirée et Spunta, ont été mises en terre. Elles sont destinées au marché local et à l’exportation, avec la possibilité d’introduire plus tard des variétés adaptées à la transformation industrielle.

Au-delà de l’expansion des surfaces, les pluies ouvrent la voie à une rotation culturale plus équilibrée. Les producteurs de Berkane envisagent désormais d’intégrer davantage de cultures maraîchères (tomates, oignons, carottes) et céréalières (blé tendre, maïs) dans leurs plans. Cette diversification permet non seulement de réduire la dépendance aux agrumes, mais aussi de stabiliser les revenus face aux aléas climatiques.

Loukkos : des pluies destructrices et lourdes pertes

Si l’Est du pays s’apprête à voir sa production croître, le tableau national reste contrasté. Dans la région du Loukkos, au nord-ouest, les mêmes pluies ont pris un caractère destructeur. D’après Médias24, les premières estimations ont révélé une forte inondations. Plus de 20 000 hectares de terres agricoles sont submergées, entraînant des pertes considérables dans le maraîchage et les agrumes.

Ablam AKODJEVO

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