La production de pommes de terre et d’oignons a atteint des niveaux record cette année au Sénégal, contraignant les autorités à suspendre l’importation de ces deux denrées alimentaires. L’objectif est de garantir un écoulement optimal sur le marché local et soutenir les producteurs.
« Le Sénégal a décidé, à partir de cette année, de ne plus importer d’oignons ni de pommes de terre », a annoncé le ministre de l’industrie et du commerce, Sérigne Gueye Diop, lors de la sortie d’une réunion préparatoire à la commercialisation de la production horticole, organisée par l’Agence de régulation du marché (ARM). La raison, une « production record » jamais enregistrée en République du Sénégal. La décision concernant l’oignon était déjà entrée en vigueur une première fois le 25 janvier 2025.
En effet, selon les explications du ministre, la production de pommes de terre est estimée à 240 000 tonnes, marquant une augmentation de 90 000 tonnes par rapport aux besoins de consommation de 150 000 tonnes, rapporte l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Quant à l’oignon, pour une demande de 350 000 tonnes, les producteurs ont atteint 450 000 tonnes, a ajouté le ministre Diop. Il est important de noter qu’il y a un pic de consommation durant des périodes telles que le Ramadan.
Avec cette décision, le Sénégal répond aux préoccupations des producteurs, qui voient une nouvelle opportunité s’ouvrir pour eux. Par le passé, la pénurie de ces denrées entraînait une inflation de leurs prix d’achat. Cette fois-ci, le marché fera face à une surproduction, ce qui, en cas de mauvaise gestion, pourrait entraîner des pertes post-récoltes dues à la pourriture. Des solutions ont été proposées lors de cette réunion de gestion des stocks d’oignons et de pommes de terre.
La transformation locale comme réponse à la surproduction et à la gestion des stocks
La rencontre a réuni autour du ministre de l’industrie et de son homologue de l’agriculture, les horticulteurs, les commerçants, les stockeurs, l’ARM, l’Organe de régulation du système de récépissé d’entrepôt de marchandises (ORSRE), ainsi que les assureurs et les banques. Le pays a décidé de « se focaliser sur la transformation et le stockage » des oignons et des pommes de terre, a précisé Sérigne Gueye Diop. Ainsi, 30 000 tonnes d’oignons seront transformées en poudre. Les horticulteurs ont été incités à vendre leurs stocks à l’ARM, qui se chargera de les conserver afin que « le Sénégal n’importe plus d’oignons ni de pommes de terre jusqu’en décembre », a-t-il ajouté.
Une autre solution qui avantage les producteurs est la rémunération de ces derniers. « Par exemple, chaque producteur qui dépose une quantité de pommes de terre d’une valeur de 100 millions de francs CFA [au niveau de l’ORSRE] recevra immédiatement 80 millions de francs CFA, soit 80 % de la valeur de sa production ». De plus, une entreprise sera chargée d’exporter l’oignon vers plusieurs pays, dont la Côte d’Ivoire.
Dans le cadre de sa politique agricole, le Sénégal avait déjà décidé de ramener à 350 francs CFA le prix du riz brisé ordinaire, ce qui représente une baisse de 60 francs par rapport au prix initial de 410 francs CFA. La mesure devrait entrer en vigueur depuis le 3 avril 2025.
LIRE AUSSI Dakar +10 : Un forum pour l’accélération de l’irrigation au Sahel



