Le gouvernement burkinabé a levé, le 31 mars 2026, la suspension des Autorisations Spéciales d’Exportation (ASE) de la tomate fraîche.
C’est le 16 mars 2026 que Serge Gnaniodem Poda, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, et le Commandant Ismaël Sombie, ministre d’État en charge de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources Animales et Halieutiques, avaient conjointement signé le communiqué n°026-007/MICA/MAERAH, suspendant la délivrance des ASE de tomate fraîche. Leur objectif était de garantir que les unités industrielles de transformation du pays disposent de volumes suffisants pour fonctionner à pleine capacité en pleine saison de récolte, évitant ainsi que les exportations ne vident le marché local au détriment de ces industries dont dépendent des milliers d’emplois directs et indirects.
Deux semaines plus tard, Serge Gnaniodem Poda et le Commandant Ismaël Sombie estiment la situation revenue à la normale. Dans leur nouveau communiqué conjoint n°09/MICA/MAERAH, les deux ministres font état d’une évolution satisfaisante de l’approvisionnement des unités de transformation. Ils soulignent également les engagements formels souscrits par les acteurs de la filière pour garantir, à l’avenir, la disponibilité des quantités requises par l’industrie locale. Ces deux éléments réunis ont suffi à convaincre le gouvernement de rouvrir la voie aux exportations. À compter de la date de signature du communiqué, les opérateurs économiques sont donc autorisés à déposer de nouvelles demandes d’ASE auprès des services compétents.
Une liberté retrouvée, mais sous surveillance
Si cette levée constitue une bonne nouvelle pour les exportateurs, les deux ministres prennent soin de rappeler que la priorité reste l’approvisionnement du tissu industriel national. Leur communiqué exhorte solennellement les acteurs de la filière au strict respect des engagements pris, un avertissement qui traduit la volonté des autorités de ne pas tolérer de nouveau déséquilibre entre les ambitions exportatrices et les besoins de l’industrie locale.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où le Burkina Faso cherche à développer la transformation locale de ses productions agricoles, afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire plutôt que d’exporter des matières premières brutes. La tomate fraîche, dont la production connaît une forte saisonnalité, reste au cœur de cet arbitrage permanent entre opportunités commerciales à l’export et impératifs industriels nationaux.
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