
Disponible en plusieurs saveurs, Tropiana est l’un des jus d’ananas qui ne laissent aucun consommateur indifférent au Bénin. Produit à Allada à environ cinquante kilomètres de Cotonou en plein cœur du bastion de production d’ananas, il émane de l’unité de transformation du Centre d’initiation et de promotion d’entreprise communautaire (CIPEC). Sous la houlette de son promoteur Thomas Tonou, ce centre qui fait la part belle à la gente féminine, s’attèle à imposer sa marque sur le marché en misant sur la qualité.

Zone de production par excellence de l’ananas au Bénin, Allada regorge de plusieurs producteurs et transformateurs du fruit. Au milieu de cette multitude d’acteurs, il devient impératif pour les uns et les autres de miser sur la qualité en vue de faire la différence. C’est ce qu’a compris le CIPEC et son promoteur, qui en plus de la qualité des jus naturel sans additif chimique, mise sur l’approche genre pour se démarquer des autres transformateurs d’ananas au Bénin. Producteur des jus de la marque « Tropiana », le CIPEC dispose d’une unité de production semi moderne qui fonctionne selon les normes HACCP.
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« Nous avons un grand hall dans lequel nous traitons le fruit à travers les étapes de broyage pour extraire le jus et le pressage pour enlever la totalité du jus restant. Après cela nous passons au filtrage. Il y a une autre salle dans laquelle il y a les bruleurs pour chauffer le jus filtré à 85 ou 90 ° C et pour le mettre en bouteille. Après la mise en bouteille, il faut capsuler. Nous procédons ensuite à la pasteurisation et puis au refroidissement et nous le stockons dans une salle d’observation. Après 72h d’observation, s’il y a des défaillances au niveau de certaines bouteilles que nous utilisons aujourd’hui (qui sont recyclé, compte tenu de nos moyens, ndlr) nous les retirons du lot. A cette étape, on passe à l’étiquetage, à l’emballage et puis on stock au niveau du magasin » nous a expliqué Thomas Tonou. Un procédé que le centre utilise pour tous produits qui vont du jus d’ananas simple aux cocktails de jus d’ananas et de mangue ou de baobabs.

Des jus naturels très prisés sur le marché local et international
Ainsi, l’entreprise produit environ 190.000 bouteilles de 20, 30 et 33 cl par an, commercialisé dans des casiers 24 au Bénin et dans la sous-région ouest africaine. « Nous vendons les jus produits au Bénin, à Allada ici, et dans presque toutes les grandes villes du Bénin à savoir Cotonou, Porto-Novo même parfois Sakété, Pobè et quand on remonte un peu vers le centre et le nord, Bohicon, Abomey, Za-Kpota, Covè parfois, Dassa même Savalou, Parakou. C’est à Natitingou où j’ai mes plus gros clients du Bénin. En dehors du Bénin, il y a le Burkina-Faso, le Niger, le Sénégal et le Mali. Mais c’est au Niger et au Burkina-Faso que nous en vendons le plus » confie monsieur Tonou.
Cette entreprise qui manque encore de moyens financiers et techniques pour moderniser entièrement son unité de production, emploie 18 personnes, principalement des femmes (14 au total). « Il y a pleins d’activités au niveau de notre processus de production qui sont appropriés aux femmes. C’est pourquoi nous les priorisons. il faut savoir que les femmes sont plus à la maison que les hommes et c’est des ménagères que nous formons dans la production » a affirmé Thomas Tonou. Condamnées à rester au foyer et à exécuter des tâches ménagères, ces femmes bénéficient donc d’une formation du CIPEC pour être employées dans la chaine de production. Grâce à des revenus moyens allant de 1500 à 2500 francs CFA par jour, elles participent désormais aux dépenses de leur famille.
André TOKPON



