Dix sites, quarante-neuf acteurs formés, trois mille litres de biofertilisant produit. Le programme ACMA3, en partenariat avec Terranauta Africa et Bénin Fertilisant SARL, vient de franchir une étape décisive dans sa démarche de promotion des pratiques agricoles durables au Bénin.
Tout a commencé par une formation. Sur dix sites retenus parmi dix-neuf pré-identifiés dans les localités de Sinendé, N’dali, Tchaourou, Bassila et Dassa, producteurs, éleveurs et cadres techniques ont été outillés aux pratiques de régénération des sols et à la fabrication locale de biofertilisants. Des kits ont été installés, les inoculass prélevés, et le processus de fermentation enclenché. Pendant trente jours pour la phase solide, puis huit jours pour la fermentation aérobie, bactéries lactiques, levures et Bacillus ont proliféré, transformant de simples sons de maïs, de l’eau non chlorée et de la mélasse en un engrais vivant, d’une grande richesse microbiologique.
Avant tout conditionnement, le contrôle qualité s’est imposé comme une étape incontournable. Le pH du biofertilisant liquide obtenu, compris entre 2,8 et 3,7, a confirmé une fermentation réussie et une activité microbienne optimale. La couleur, l’odeur légèrement aigre-douce et l’absence de contamination visible ont achevé de valider la conformité du produit. Le liquide a ensuite été filtré soigneusement pour en retirer les résidus solides, garantissant ainsi un biofertilisant homogène utilisable aussi bien en application directe au sol qu’en pulvérisation foliaire. Après avoir acquis une connaissance de plus pour la production d’engrais naturel durant cette formation, Dahana ADAM, maraîchère dans la commune de Bassila se sent fière et promet de mettre à disposition de la communauté ces savoirs.
Place alors à l’étape centrale : le remplissage des bidons de vingt-cinq litres. Geste après geste, avec soin et méthode, le précieux liquide a été transvasé et conservé. Au total, environ trois mille litres de biofertilisant conforme ont été produits sur l’ensemble des dix sites, prêts à rejoindre les exploitations des bénéficiaires pour nourrir les sols et soutenir les cultures des filières promues par ACMA3.Pour le formateur, plusieurs phénomènes peuvent agir sur le produit fini. « La technique est parfaite. Il y a des facteurs qui peuvent influencer la production. L’important est reprendre tout ce qu’on a fait ces derniers mois soit claire dans votre esprit et que chacun de vous réfléchisse à répéter le processus », a déclaré Salvador Roig-Coll, présidentet directeur général de Terranauta Africa Sarl. En marge de ce conditionnement, une partie du produit a été prélevée et placée dans de petits contenants hermétiques destinés au laboratoire. Ces échantillons feront l’objet d’analyses approfondies pour confirmer la richesse et la diversité des souches microbiennes présentes et valider scientifiquement l’efficacité du produit avant son déploiement à plus grande échelle.
Car ces bidons ne marquent qu’une étape. Les résultats des analyses de laboratoire guideront les prochains tests d’efficacité sur les filières sur lesquelles intervient ACMA3. Des relais seront sélectionnés parmi les bénéficiaires pour accompagner la diffusion de la technique. Et cent quatre-vingt-dix nouveaux biodigesteurs seront déployés pour porter le programme à deux cents sites à travers le pays. Un bidon à la fois, le Bénin avance vers une agriculture régénérative, souveraine et durable.
LIRE AUSSI ACMA3 expérimente les biofertilisants pour régénérer durablement les sols agricoles béninois



