ActualitésAfriqueagro-business

AFSF 2026 : TAAT plaide pour une nouvelle échelle agricole

À Kigali, le programme Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT) a mis en avant son expérience dans la réponse aux crises alimentaires et le passage à l’échelle des innovations agricoles. Au terme de l’AFSF 2026, le programme défend un modèle fondé sur le lien entre science, investissement et mise en œuvre pour renforcer durablement les systèmes alimentaires africains.

À l’occasion du Forum africain sur les systèmes alimentaires (AFSF) 2026, à Kigali, le programme TAAT a été au cœur de deux échanges de haut niveau consacrés à l’avenir des systèmes alimentaires du continent. Les discussions ont porté à la fois sur les enseignements de la récente crise alimentaire et sur les moyens de transformer les solutions scientifiques éprouvées en interventions agricoles déployées à grande échelle.

De la réponse d’urgence à la résilience

Le premier événement parallèle de haut niveau, organisé le 2 septembre, a porté sur les enseignements de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence (AEFPF) de la Banque africaine de développement. Dotée de 1,5 milliard de dollars, cette facilité a été mise en place en réponse aux perturbations des approvisionnements alimentaires et des intrants agricoles provoquées notamment par le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Dans 35 pays africains, elle a permis de déployer des semences améliorées, de faciliter l’accès aux engrais, de diffuser des technologies agricoles, d’appuyer des réformes de politiques publiques et de nouer de nouveaux partenariats afin d’augmenter rapidement la production alimentaire. Les technologies promues par le TAAT ont occupé une place importante dans cette réponse. Les résultats donnent la mesure de l’intervention : plus de 45 millions de tonnes métriques de denrées alimentaires produites, plus de 406 000 tonnes métriques de semences certifiées et 2,9 millions de tonnes métriques d’engrais distribuées. Près de 15 millions d’agriculteurs ont été touchés, dont 38,8 % de femmes.

Intitulé « Des réponses d’urgence à la résilience des systèmes alimentaires : enseignements tirés de l’AEFPF pour la prochaine génération d’investissements agricoles en Afrique », l’événement a réuni des représentants des gouvernements, des systèmes nationaux de recherche agricole, des Centres du CGIAR, des partenaires au développement, des institutions financières, du secteur privé, ainsi que des organisations de producteurs et de jeunes. Au-delà du bilan de la facilité, les échanges ont posé une question centrale : comment transformer les solutions mobilisées en période de crise en mécanismes durables de résilience ? Les participants ont notamment insisté sur la nécessité de conserver et d’intégrer dans les politiques et programmes agricoles nationaux les approches qui ont fait leurs preuves. Il s’agit notamment du déploiement rapide des technologies, du renforcement des systèmes semenciers, des partenariats et de la mobilisation des financements, afin de ne pas repartir de zéro à chaque nouvelle crise.

De la science au passage à l’échelle

Le 3 septembre, les discussions se sont déplacées vers un autre enjeu : comment connecter la recherche, les financements et la mise en œuvre pour permettre aux innovations agricoles d’atteindre davantage de producteurs ? La session intitulée « Le passage à l’échelle du CGIAR dans les systèmes alimentaires : capital, science, partenaires » a ainsi examiné les moyens de faire passer les innovations éprouvées des centres de recherche aux programmes nationaux d’investissement agricole soutenus par les institutions financières internationales. Le partenariat entre la Banque africaine de développement et le CGIAR, à l’origine du TAAT, a constitué l’un des principaux exemples examinés, aux côtés du partenariat entre la Banque islamique de développement et le CGIAR.

L’expérience du TAAT montre comment une technologie peut être identifiée, validée puis reliée aux priorités agricoles d’un pays, avant d’être accompagnée par les financements et les acteurs nécessaires à son déploiement. Le programme apparaît ainsi comme un trait d’union entre la recherche et l’investissement, puis entre l’investissement et la mise en œuvre sur le terrain. Les échanges ont également souligné l’importance de partenaires comme la Fondation Gates, le FIDA et la Banque islamique de développement. Leur rôle est notamment de réduire les risques liés à l’adoption des innovations et de contribuer à mobiliser des investissements plus importants en faveur de la transformation des systèmes alimentaires.

Le TAAT mise sur les solutions éprouvées

Les deux échanges ont fait ressortir un même constat. L’Afrique ne manque pas de solutions agricoles. L’enjeu est désormais de faire parvenir celles qui ont démontré leur efficacité à un plus grand nombre d’agriculteurs. Le Directeur du programme CGIAR Scaling for Impact, Dr Tim Krupnik, et le Directeur général de l’IITA, Dr Simeon Ehui, ont souligné l’expérience du TAAT dans la mobilisation des connaissances scientifiques autour des priorités nationales et leur connexion aux financements du développement. Pour le programme, l’enjeu ne consiste donc plus seulement à produire de nouvelles innovations, mais à créer les conditions de leur adoption à grande échelle. Cela suppose de mieux articuler recherche, politiques publiques, financement, secteur privé et organisations de producteurs.

Au terme de l’AFSF 2026 à Kigali, l’expérience du TAAT adresse ainsi un message à la prochaine génération d’investissements dans les systèmes alimentaires africains. « L’avenir de l’agriculture africaine ne se construira pas en répondant à chaque crise à partir de zéro. Il se construira en institutionnalisant ce qui fonctionne, en connectant la science, l’investissement et les partenariats pour déployer des solutions éprouvées à grande échelle », a ajouté Dr Ehui. Pour le programme, le passage d’une logique de réponse aux urgences alimentaires à la construction de systèmes alimentaires résilients dépasse ainsi le seul bilan d’un programme. Il constitue une expérience de mise à l’échelle dont les enseignements peuvent nourrir la transformation durable de l’agriculture africaine.

TAAT (Contribution)

LIRE AUSSI Transformation agricole africaine : TAAT déploie des solutions climato-intelligentes

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
%d blogueurs aiment cette page :

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité