Présent à Lomé pour la 11e réunion annuelle des réseaux régionaux de santé animale de la CEDEAO, le Bénin entend améliorer ses dispositifs de veille face aux maladies animales transfrontalières. Influenza aviaire, peste des petits ruminants, mobilité du bétail et surveillance de la faune sauvage figurent parmi les principaux enjeux suivis par sa délégation.
Du 6 au 8 octobre 2026 à Lomé, les acteurs de la santé animale de l’espace CEDEAO examinent la situation sanitaire régionale et les moyens de mieux prévenir et contrôler les maladies animales transfrontalières. La délégation béninoise présente à Lomé est ainsi composée du directeur de l’Élevage, Professeur Yao Akpo, du président de l’Ordre national des médecins vétérinaires du Bénin, Dr Christian Dovonou, du responsable de la surveillance épidémiologique, Dr Juste Sodjinouti, et de la responsable du Laboratoire de diagnostic vétérinaire et de sérosurveillance de Parakou, Dr Fidélia Djegui. Pour le Bénin, l’enjeu est également de tirer des enseignements de ces échanges afin d’actualiser ses stratégies de surveillance et de prévention. « Cette réunion annuelle a essentiellement pour objectif de renforcer la coordination des systèmes de santé animale, mais aussi et surtout d’agir en amont pour prévenir et contrôler les maladies animales transfrontalières », explique le directeur de l’Élevage.
Des menaces sanitaires sous vigilance
La situation sanitaire présentée au cours de la rencontre rappelle la persistance de plusieurs menaces dans la sous-région. Le charbon bactéridien et la rage sont régulièrement rencontrés dans plusieurs pays. La fièvre de la vallée du Rift figure également parmi les maladies suivies, après son apparition au Sénégal en 2025.
L’influenza aviaire hautement pathogène constitue un autre sujet de préoccupation. Au Togo voisin, plusieurs foyers ont émergé en juillet 2026. La situation au Togo étant actuellement sous contrôle, le Bénin maintient néanmoins sa vigilance. « Nous devons suivre cette situation de près. Étant entendu que c’est un pays limitrophe, nous devons être vigilants et suivre cette situation sanitaire de près », souligne Yao Akpo. Au Bénin, le dernier cas de grippe aviaire remonte à 2024, selon le directeur de l’Élevage. « Actuellement, nous n’avons pas de foyer qui soit connu de nous », précise-t-il. Pour le responsable, la surveillance reste indispensable dans un contexte où les mouvements d’animaux et les échanges entre pays peuvent favoriser la circulation des agents pathogènes.
La faune sauvage désormais dans le radar
Au-delà des élevages, le Bénin entend également renforcer la surveillance au niveau de la faune sauvage. Plusieurs présentations consacrées aux nouvelles techniques de surveillance et aux outils permettant de rendre le dispositif plus exhaustif ont été faites au cours de la réunion. Une présentation consacrée aux maladies liées à la faune sauvage a particulièrement retenu l’attention de la délégation béninoise. « Cela va nous amener davantage à renforcer la surveillance des maladies au niveau de la faune », estime Yao Akpo. Pour le Bénin, cette orientation doit permettre d’élargir les mécanismes de surveillance aux espaces où la faune sauvage peut entrer en interaction avec les animaux domestiques.
Contrôler les animaux en mobilité
La mobilité du bétail constitue un autre chantier abordé à Lomé. Le Programme Régional de Développement de l’Économie Pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS) doit notamment accompagner les éleveurs pratiquant la mobilité à travers l’installation d’infrastructures et de postes de contrôle aux frontières. Ces dispositifs doivent permettre l’inspection des animaux en transit et contribuer à réduire les risques de propagation des maladies lors des déplacements.
Cette question rejoint celle des règles qui encadrent le commerce et la mobilité du bétail dans l’espace ouest-africain. Une étude comparative présentée au cours de la réunion a mis en évidence des différences, mais également des similitudes entre les pratiques des pays sahéliens et celles des pays côtiers. Parmi les recommandations, portées par le Bénin et d’autres pays, figurent l’harmonisation des textes sanitaires et l’actualisation des textes qui encadrent la mobilité du bétail. « Si vous avez un texte qui date de plus de 30-40 ans, c’est vrai, il existe, mais il ne cadre plus avec la réalité », observe le directeur de l’Élevage. Pour le Bénin, l’actualisation de ces cadres doit permettre de mieux tenir compte des réalités actuelles de la mobilité animale et des risques sanitaires associés.
Le Bénin poursuit son processus contre la PPR
La lutte contre la peste des petits ruminants (PPR) constitue également un autre chantier évoqué lors des travaux. Le Bénin, qui a achevé sa sérosurveillance selon le directeur de l’Élevage, doit désormais poursuivre le processus avec les prochaines étapes, notamment la vaccination. L’enjeu, pour le responsable béninois, est de transformer les enseignements de la rencontre en actions concrètes. « Nous devons réajuster les stratégies développées et surtout capitaliser sur tout ce qui a été dit pour que ce que nous avions appris puisse être appliqué », affirme-t-il.
La réunion de Lomé apparaît ainsi pour le Bénin comme une occasion de confronter son dispositif aux expériences des autres pays et d’identifier les ajustements nécessaires. Entre surveillance des maladies, suivi de la faune sauvage, contrôle des animaux en mobilité et actualisation des règles sanitaires, l’objectif reste le même : renforcer la capacité des pays de la région à détecter et contenir plus rapidement les menaces sanitaires transfrontalières.
LIRE AUSSI La résistance parasitaire : la bête noire des élevages en Afrique de l’Ouest



