
Bête noire de la production céréalière en Afrique subsaharienne, la chenille légionnaire continue de faire des ravages notamment au Cameroun où, elle menace dangereusement la production céréalière de cette année. Le pays risque de connaitre une déconvenue sans précédent dans campagne agricole.
Un danger plus que réel, plane sur la production céréalière du Cameroun du fait des ravages de la chenille légionnaire d’automne. Cet insecte rongeur est susceptible de détruire, selon les experts, entre 25 et 75% des cultures céréalières telles que le maïs et le sorgho. En effet, il a déjà envahi plusieurs hectares de plantations dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua, du Centre, de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Littoral ; soit sept régions sur les 10 que compte le Cameroun (exception faite des régions du Nord-Ouest, de l’Est et du Sud).
Cette attaque de la chenille légionnaire est plus prononcée dans la région du Nord, où elle avait déjà attaqué 36 700 hectares de plantations en 2017 selon les autorités du pays. Pis, ce sont les céréales (maïs, sorgho et mil) qui constituent l’aliment de base de la population de cette parte du pays ; laquelle population a d’ailleurs grossi ces dernières années avec l’afflux des réfugiés centrafricains et nigérians, tous nourris aux céréales par le Programme alimentaire mondial (PAM).

La FAO vole au secours du pays
Face à l’ampleur des dégâts que cause ce vers aux céréales, le gouvernement camerounais a lancé, ce mois-ci, un projet d’appui au contrôle de la chenille légionnaire d’automne. Implémenté sur une période de 18 mois, ce projet permettra de limiter les dégâts causés à la production céréalière nationale par la chenille légionnaire d’automne. Dans cette optique, deux bio pesticides susceptibles de lutter contre cet insecte nocif, ont été homologués par les autorités publiques camerounaises au mois de mars 2018, a-t-on appris de source proche des autorités.
Ne pouvant pas rester indifférent, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a décidé d’octroyer au gouvernement camerounais, un appui financier de 150 millions de francs CFA, afin de redynamiser le projet et de permettre aux autorités de palier au plus vite à cette menace qui pèse sur la production céréalière du pays.
André Tokpon



