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AfricaRice impulse une riziculture durable et sans plastique pour nourrir l’Afrique

AfricaRice développe des solutions agricoles durables pour stimuler la production rizicole en Afrique. À travers des innovations climato-intelligentes, le centre réduit l’usage du plastique et renforce la sécurité alimentaire sur le continent.

Selon FAOSTAT, la production de riz en Afrique est estimée à plus de quarante-deux millions six cent soixante-douze mille huit cent soixante et onze (42 672 871) tonnes en 2023, contre quarante millions cent huit mille cent cinquante-quatre virgule vingt-neuf (40 108 154,29) tonnes en 2022 (chiffre officiel). Cette production ne répond qu’à 60 % des besoins exprimés, selon la FAO. De plus, la consommation de riz en Afrique subsaharienne croît de 6 % chaque année, renseigne la FAO. Pourtant, le riz est cultivé dans près de 40 des 54 pays du continent africain, dont les principaux producteurs au cours de l’année 2020 sont : le Nigeria, l’Égypte, la Tanzanie, Madagascar et le Mali.

Des défis structurels à surmonter pour répondre à la demande

En effet, c’est une filière qui souffre du manque d’outils et de machines adaptés pour les différentes tâches de production comme de récolte. À cela s’ajoutent les risques climatiques qui influencent négativement les productions et, par conséquent, les rendements. Pour répondre à la demande sans cesse croissante et assurer la sécurité alimentaire, il urge de mettre en place des outils et pratiques durables renforçant la chaîne de valeur du riz.

C’est dans cette logique que s’inscrit AfricaRice, qui développe plusieurs innovations climato-intelligentes qui font des merveilles dans plusieurs pays où elles sont en démonstration. C’est dans cette même dynamique que s’inscrit le projet AICCRA, mis en œuvre au Mali par le Centre du riz pour l’Afrique. AfricaRice prône des innovations qui réduisent « l’utilisation du plastique dans les pratiques agricoles et post-récolte. Cette approche intégrée, qui concilie rendement et préservation de l’environnement, est déjà mise en œuvre dans plusieurs pays du continent », renseigne un communiqué de presse.

Paillage organique : une alternative durable au plastique agricole

Dans les pratiques, les riziculteurs ont recours au paillage plastique pour conserver l’humidité des sols et contrôler les mauvaises herbes. Néanmoins, cette méthode peut laisser sur son passage des microplastiques nocifs. À la place, AfricaRice propose le paillage à base de paille de riz. Autrement dit, les producteurs peuvent utiliser les résidus de récolte pour couvrir leurs parcelles, surtout dans les zones de bas-fonds fragiles.

Ce faisant, l’humidité du sol est conservée, les adventices sont mieux contrôlées et la biodiversité des sols renforcée, sans recours à des matériaux synthétiques. « Cette pratique a permis d’augmenter les revenus des producteurs de 5 à 15 %, et le stock de carbone du sol de 1,0 à 2,0 t/ha », précise le communiqué de presse.

Le biochar : fertilité des sols sans engrais chimiques

Dans le cadre du projet AICCRA, AfricaRice encourage le recours au biochar issu des résidus agricoles comme les balles de riz, la paille ou le fumier, en remplacement des engrais synthétiques, souvent conditionnés dans des sachets plastiques. Le biochar, c’est un charbon d’origine végétale obtenu par décomposition chimique de la biomasse, comme les résidus agricoles. Il est utilisé pour améliorer la qualité des sols, augmenter leur fertilité, retenir l’eau et les nutriments, ceci dans un cycle d’agriculture circulaire.

Les producteurs sont formés dans ce sens pour éviter tout recours aux emballages plastiques ou intrants extérieurs. Grâce à cette pratique, ces riziculteurs ont enregistré une augmentation de 10 à 20 % de leurs revenus agricoles et une diminution des émissions de gaz à effet de serre de 20 à 30 %.

Des emballages réutilisables pour préserver les sols

Plusieurs sacs plastiques entrent dans le quotidien des agriculteurs. Mal entretenus, ces sacs polluent l’environnement et nuisent à la productivité des sols. Pour rappel, un sac plastique met entre une centaine et plusieurs milliers d’années à se décomposer. La solution trouvée par le centre repose sur des sacs en jute ou en polypropylène. Cette pratique est beaucoup mise en avant dans les centres communautaires de transformation du riz, où elle a déjà fait ses preuves. Ces types de sacs confèrent au riz une bonne qualité et sont réutilisables.

Il s’agit de pratiques encourageantes, car le polypropylène peut aussi être utilisé pour produire du carburant liquide, du gaz combustible, du charbon solide. Avec cette transition, les déchets plastiques sont réduits et les acteurs disposent d’emballages « plus robustes et adaptés au marché ».

Séchage solaire : une technique propre et rentable

Depuis des lustres, le séchage du riz se fait sur des bâches plastiques fines, bien qu’elles soient nocives et inefficaces. À la place, AfricaRice promeut des séchoirs solaires de type solar bubble dryers et des bâches réutilisables en matériaux durables. Grâce à ces séchoirs, les grains sont de bonne qualité, les pertes post-récoltes sont réduites, et l’usage des plastiques est évité. Les producteurs qui se sont engagés sur cette voie enregistrent des revenus en hausse tout en protégeant les écosystèmes naturels.

AfricaRice met en place des éco-innovations pour le bien-être de la filière riz sur le continent, pour une productivité durable, et, par conséquent, pour assurer la sécurité alimentaire. À travers de nouveaux modèles de pratiques, le centre protège l’environnement en réduisant l’usage des plastiques.

Auriol HOUDEGBE

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