A Cotonou, le vendredi 17 octobre 2025, IFDC a réuni des acteurs publics et privés pour lancer l’étude INCLUDE sur la cartographie des opportunités d’emploi pour les jeunes dans les chaînes de valeur agroalimentaires émergentes au Bénin. L’étude vise à identifier et valoriser les métiers verts capables de concilier inclusion, durabilité et performance économique puis de produire des recommandations utiles et applicables aux politiques publiques et aux programmes. Pour enrichir sa mise en œuvre effective, elle a été présentée aux partenaires afin de recueillir leurs contributions, leurs perspectives et leurs recommandations.
La jeunesse africaine, représentant plus de 60 % de la population du continent, constitue une force motrice essentielle pour impulser ces transitions. Pourtant, l’accès limité aux opportunités économiques, notamment aux emplois verts, freine sa participation significative. Le programme de recherche INCLUDE, axé sur la « Cartographie des opportunités d’emploi pour les jeunes dans les chaînes de valeur agroalimentaires émergentes au Bénin », entend changer le paradigme en identifiant des emplois verts pour les jeunes dans la transition vers des systèmes alimentaires justes et durables.
Selon la FAO, près de 44 % des jeunes travailleurs dans le monde dépendent de l’agriculture, ce qui souligne à la fois leur rôle clé et la nécessité de mieux les intégrer dans les filières agricoles, particulièrement au Bénin où l’agriculture représente environ 30 % du PIB et emploie près de 70 % de la population active. « Sans les jeunes, nous ne pouvons pas respecter nos engagements vis-à-vis du reste de la population en termes alimentaires », a déclaré Abalo Adodo, Directeur Pays de IFDC Bénin-Togo.

Présentée à une diversité de parties prenantes, l’étude se concentrera sur trois filières jugées stratégiques : le maraîchage biologique, la transformation agroalimentaire durable et la commercialisation numérique des produits agricoles. Ceci dans trois départements : l’Atlantique, le Borgou et le Couffo. Des chercheurs y mèneront une cartographie des opportunités d’emploi, des compétences requises et des conditions de viabilité économique et environnementale.
Du terrain à l’action : une méthodologie participative
L’approche choisie est celle de la co-construction. Au cours de l’atelier, les parties prenantes ont donné leur appréciation du document de travail, apporté des suggestions pour affiner la méthodologie et précisé les priorités selon leur expérience de terrain. L’objectif est de garantir que les données collectées reflètent fidèlement les réalités locales et les besoins réels des jeunes et des femmes. « Nous allons travailler sur des données fiables et des méthodes transparentes, avec une attention particulière pour les jeunes et les femmes comme moteurs d’innovation, et un alignement sur les priorités nationales et les dynamiques locales en la matière. La valeur attendue de cette démarche sera de produire des résultats actionnables pour orienter l’investissement, accompagner l’entrepreneuriat, aider à la formation et à l’accès au marché des produits agroalimentaires. Il s’agit de relier production, transformation et distribution responsables afin de créer de la valeur partagée », a ajouté Abalo Adodo.
Représentant le Directeur de la planification de l’administration des finances (DPAF) du Ministère de l’Agriculture, Dr. Anselme Tchetangni a salué le partenariat et exhorté les participants à s’impliquer pleinement. « Beaucoup d’efforts doivent être faits pour […] contribuer à l’amélioration de la méthodologie et de la collecte des données, afin d’obtenir un document qui offre des opportunités aux jeunes dans l’emploi vert », a-t-il précisé.
Une étude plus que bienvenue
Au terme de la journée, les participants se sont montrés enthousiastes et conscients de leur rôle. « Nous avons contribué à l’amélioration du document., Sur le terrain, nous allons aider l’équipe à parfaire le programme dans le cadre de l’étude… J’attends qu’on implique réellement les jeunes femmes dans le processus de cette étude. Nous allons aider à cibler ces femmes et à identifier les parties prenantes sur le terrain », a déclaré Louise Aylara, présidente de la Fédération nationale des femmes agricultrices du Bénin.
Les parties prenantes fondent de grands espoirs sur cette étude et se disent prêtes à s’engager pour créer des emplois verts durables. « Le parterre d’acteurs présents nous rassure déjà sur le fait qu’il s’agit d’une belle opportunité. Et notre souhait est que les études soient bien conduites par les enquêteurs et que les analyses soient bien faites pour refléter les réalités auxquelles sont confrontés les jeunes agriculteurs, en vue de proposer des actions concrètes qui vont contribuer à améliorer leur employabilité, notamment dans le secteur vert », a souligné Duince Ahossouhe, président du Collège des jeunes agriculteurs du Bénin.
À l’issue des enquêtes sur le terrain, toutes les parties prenantes de l’atelier seront convoquées à nouveau pour examiner les résultats, proposer des amendements et valider les recommandations finales. Cette étape garantira que l’étude INCLUDE produira des orientations concrètes et actionnables, pour un impact réel sur l’emploi des jeunes et la durabilité des systèmes alimentaires au Bénin.
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