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Fièvre aphteuse : l’Afrique du Sud relance la production de vaccins

Demeurant l’un des principaux défis de l’élevage en Afrique du Sud, la fièvre aphteuse (FMD) ne cesse d’affecter aussi bien les exploitations commerciales que communautaires. Pour y pallier, le gouvernement, à travers le Conseil de la recherche agricole (ARC), organisme public chargé de la recherche et du développement agricoles, a annoncé, par un communiqué du ministère de l’Agriculture en date du 6 février 2026, avoir produit un lot de 12 900 doses multisouches de vaccin contre ce mal.

Contribuant à 41 % du produit intérieur brut agricole et assurant les moyens de subsistance de plus de 500 000 personnes, l’élevage occupe une place stratégique dans l’économie sud-africaine. En effet, depuis la résurgence de l’épizootie en 2021, plusieurs provinces sud-africaines ont été confrontées à des foyers actifs de fièvre aphteuse, affectant autant les exploitations commerciales que les élevages communautaires. La maladie, très contagieuse, provoque des lésions buccales et podales, entraînant une baisse significative de la production de viande et de lait, ainsi que des restrictions dans les déplacements du bétail. Ces effets fragilisent le secteur agricole et mettent en danger les moyens de subsistance de milliers d’éleveurs.

C’est dans ce contexte que le Conseil de la recherche agricole (ARC) a produit un premier lot de vaccins multisouches. Une avancée qualifiée de « tournant stratégique » par les autorités, qui marque la relance d’une industrie nationale interrompue depuis plus de deux décennies. « Ce premier lot représente de nombreuses années de recherche et d’engagement. Bien que la production soit encore à petite échelle, elle montre que l’Afrique du Sud dispose désormais de la capacité scientifique et technique pour développer des vaccins sûrs et efficaces, conformes aux normes réglementaires et adaptés aux défis locaux de la maladie. C’est une étape importante vers l’autonomie vaccinale et la protection durable de notre cheptel », explique Faith Peta, membre de l’équipe de production de l’ARC, au média Farmers Weekly

Relance stratégique de la production vaccinale locale 

La production locale, suspendue depuis 2005 en raison de l’obsolescence des installations de l’Institut vétérinaire d’Onderstepoort, avait obligé le pays à dépendre entièrement des vaccins importés. « La dépendance aux importations limitait notre capacité à réagir rapidement face à de nouveaux foyers. Avec ce premier lot, nous retrouvons un outil essentiel pour sécuriser le secteur de l’élevage », a ajouté Faith Peta.

Selon le gouvernement, la distribution des vaccins sera prioritairement orientée vers les zones à forte densité animale et vers les régions où cohabitent élevages commerciaux et communautaires, là où le risque de propagation est le plus élevé. « Nos services vétérinaires provinciaux superviseront l’administration des doses, assureront le suivi sanitaire des troupeaux et veilleront au respect strict des mesures de biosécurité, notamment le contrôle des déplacements du bétail et la désinfection des équipements », précise le communiqué officiel.

Parallèlement à la vaccination, des campagnes de sensibilisation seront menées auprès des éleveurs afin de renforcer la détection précoce des cas suspects et limiter la propagation de la maladie. En outre, des mesures de suivi épidémiologique et de coordination régionale permettront d’évaluer l’efficacité des interventions et de prévenir toute introduction transfrontalière du virus, renforçant ainsi la résilience du secteur de l’élevage sud-africain.

Morel GOUKOUE

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