Réunis à Libreville du 25 au 26 août 2025, les principaux acteurs de la filière avicole gabonaise ont échangé autour des défis de la relance de la production locale. Cette concertation s’inscrit dans le cadre de l’interdiction annoncée des importations de poulets de chair dès 2027, avec en ligne de mire l’autosuffisance nationale en viande de volaille.
Au cœur de ce forum figurait la préparation d’une feuille de route pour bâtir un secteur avicole capable de répondre aux besoins du pays en viande de volaille. En effet, comme l’a souligné le vice-président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, dans son discours d’ouverture, le Gabon reste fortement dépendant des importations pour couvrir sa consommation. « Entre 2020 et 2024, le Gabon a importé en moyenne 55 000 tonnes de poulet de chair par an contre une production nationale annuelle estimée à seulement 4 000 tonnes », a-t-il indiqué.
Ces importations, évaluées à plus de 60 milliards de FCFA par an, fragilisent la sécurité alimentaire du pays, l’emploi local et creusent le déséquilibre de la balance commerciale. Face à ce constat, le gouvernement a adopté, en Conseil des ministres le 30 mai 2025, une décision visant à interdire l’importation de poulets de chair à compter du 1er janvier 2027. Le Gabon rejoint ainsi le Bénin qui a annoncé une interdiction des importations de poulets congelés.
La rencontre de Libreville a permis de dresser l’état des lieux de la filière et d’identifier les leviers prioritaires à activer : fiscalité, accès au foncier, alimentation animale, accompagnement technique, structuration des acteurs, et commercialisation. « L’objectif in fine est clair : faire du Gabon un pays autosuffisant en poulet de chair, créateur de valeur ajoutée et générateur d’emplois durables pour notre jeunesse et nos territoires », a déclaré la ministre de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural, Odette Polo. En résumé, ce forum a permis de poser les jalons de la mise en œuvre de l’interdiction des importations et de la stratégie de développement de la filière avicole gabonaise.
Pour rappel, le gouvernement a également annoncé lors du même Conseil des ministres la création d’un Fonds Stratégique Agricole (FSA), destiné à catalyser les investissements dans le secteur agricole. Ce fonds devra notamment soutenir les acteurs agricoles dans leur marche vers l’autonomie en créant des emplois durables et en structurant de nouvelles chaînes de valeur.
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