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Filière huile de palme : le Nigeria dévoile un plan pour réduire sa dépendance

Le jeudi 2 avril 2026, le Nigeria a dévoilé une stratégie nationale destinée à relancer la filière huile de palme, à l’occasion d’une réunion de validation réunissant autorités publiques et acteurs du secteur.

Face à une production locale encore insuffisante et à une forte dépendance aux importations, le pays affiche des ambitions élevées. Les autorités visent une part de 10 % du marché mondial au cours des six prochaines années, avec en ligne de mire l’autosuffisance à l’horizon 2050. Pour atteindre ces objectifs, la stratégie repose sur plusieurs leviers, notamment l’amélioration des rendements des plantations de palmier à huile, l’extension des superficies cultivées et la modernisation des capacités de transformation. Cependant, les défis structurels demeurent importants. La production nationale ne couvre encore qu’environ 75 % de la demande intérieure. Selon les estimations du Département américain de l’agriculture, elle devrait atteindre 1,5 million de tonnes en 2026, un niveau stable par rapport à l’année précédente, alors que les besoins du marché sont évalués à près de 2 millions de tonnes.

Ce déséquilibre continue d’alimenter un recours massif aux importations. La Malaisie reste le principal fournisseur du Nigéria, devant des pays comme le Ghana, l’Indonésie et la Côte d’Ivoire. Par ailleurs, des flux informels de produits dérivés de l’huile de palme circulent à travers les frontières, notamment depuis des pays voisins d’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce qui complique davantage l’organisation du marché local. Dans ce contexte, les autorités entendent également agir sur la gouvernance du secteur. Une réforme institutionnelle est prévue, incluant la création d’un organe national chargé de coordonner et de réguler la filière, ainsi que la mise en place de mécanismes de financement dédiés, dont certains ciblent spécifiquement les petits producteurs.

Pour les professionnels du secteur, cette initiative constitue un tournant. « C’est la première fois que le pays se dote d’un cadre formel, validé à la fois par le gouvernement et les parties prenantes, pour encadrer et dynamiser l’industrie », souligne Alphonsus Nyang, responsable de l’Association nationale des producteurs de palmier à huile (NPPAN). À terme, ce dispositif entend rapprocher le Nigeria des standards observés dans les grandes nations productrices comme la Malaisie et l’Indonésie.

Morel GOUKOUE

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