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Financement agricole : le FNDA élargit les offres du guichet 2 aux banques et IMF

Ce mercredi 24 septembre 2025, les acteurs clés du financement agricole au Bénin se sont réunis autour d’un objectif commun : booster l’inclusion financière dans le secteur agricole par le renforcement des capacités des banques et des institutions de microfinance (IMF). Au cœur des discussions : l’extension du sous-guichet 2.2 du Fonds National de Développement Agricole (FNDA), désormais accessible aux prestataires de services financiers.

Dans la salle de conférence de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers (APBEF), l’atmosphère est à la convergence des volontés. La rencontre s’inscrit dans la continuité d’un partenariat fructueux initié en 2020 entre le FNDA, dix banques et vingt-deux IMF. Si ce partenariat a déjà permis de faciliter l’accès au crédit pour un montant impressionnant de près de 63 milliards de FCFA pour 96 projets, selon les chiffres communiqués, des défis persistent. Le principal goulot d’étranglement identifié réside dans la capacité des établissements financiers à appréhender et à financer les spécificités du secteur agricole.

Comme l’a rappelé, Nicolas Ahouissoussi, Directeur Général du FNDA lors de son allocution, une consultation en janvier 2024 avait mis en lumière le besoin crucial de renforcer les compétences des points focaux des banques sur le financement agricole. « L’offre des services du FNDA, ce n’est pas seulement la facilitation d’accès au crédit, c’est aussi le renforcement des capacités », a-t-il souligné, actant ainsi la nécessité d’outiller davantage les partenaires financiers.

 

Nicolas Ahouissoussi, Directeur Général du FNDA

 

Le sous-guichet 2.2, un levier pour outiller les banques

Jusqu’ici réservé aux Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) et aux PME, le sous-guichet 2.2, intitulé « Fonds de facilitation et de renforcement des capacités », connaît une extension majeure. Grâce à un abondement de 240 millions de FCFA de l’Agence Luxembourgeoise pour la Coopération et le Développement (LuxDev), il s’ouvre désormais aux banques, aux IMF et à leurs associations professionnelles (APBEF et APSFD).

Concrètement, ce dispositif vise à subventionner jusqu’à 60% du coût de projets destinés à améliorer l’offre de financement agricole. Le montant maximum de la subvention par projet est plafonné à 50 millions de FCFA, l’institution porteuse devant apporter une contrepartie de 40%. Les activités éligibles sont variées : formation du personnel, acquisition d’équipements informatiques ou de moyens de transport (hors véhicules quatre roues), conception de produits financiers adaptés, ou encore appui à l’ouverture de nouveaux points de service dans les zones rurales.

« Il ne s’agit pas seulement d’octroi de subvention, mais d’un partenariat stratégique destiné à consolider l’écosystème du financement agricole », a insisté le DG du FNDA. L’ambition est de créer un écosystème cohérent et résilient, capable de répondre durablement aux besoins des producteurs.

Des perspectives encourageantes pour les banques et Imf

Pour les établissements de crédit, cette initiative est perçue comme une opportunité majeure de développer une expertise longtemps jugée risquée. Cédric Tokpo, chargé d’affaires à la Bank of Africa (BOA) Bénin, confie : « Au-delà de la contrainte, c’est aussi quand même un intérêt majeur pour nous, parce qu’il y a de l’argent dans l’agriculture. Mais jusque-là, nous ne disposions pas des données, des outils d’analyse nécessaires pour pouvoir prendre les risques qui sont liés à ce secteur-là. »

édric Tokpo, chargé d’affaires à la Bank of Africa (BOA) Bénin

L’objectif final est clair : permettre aux banques de devenir autonomes dans l’analyse, le financement et le suivi des projets agricoles. « Je pense que l’idée derrière toute cette stratégie-là pour le FNDA, c’est d’amener les banques à développer un portefeuille orienté financement agricole », ajoute M. Tokpo.

Le FNDA engagé vers un avenir co-construit avec ses partenaires

L’atelier de ce jour avait ainsi pour but d’expliquer les modalités d’accès à ce fonds et d’encourager les soumissions spontanées, notamment de la part des associations professionnelles. “Nous sommes convaincus que cette synergie entre le FNDA et les établissements de crédit contribuera significativement à dynamiser le financement rural et à promouvoir un développement inclusif » a déclaré Christian Aïnagnon, Représentant de l’Apbef

Christian Aïnagnon, Représentant de l’Apbef

Le FNDA mise sur une adhésion massive pour concrétiser sa vision. Comme l’a conclu le DG du FNDA en citant Peter Drucker, « la meilleure façon de prévoir l’avenir est de le créer ensemble ». Une maxime qui résume l’esprit de cette nouvelle synergie, où la collaboration entre finance publique et expertise bancaire se veut le ferment d’une agriculture béninoise plus prospère et inclusive.

Méchac A.

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