Dans le cadre de l’exécution du Projet NIS, une équipe de GAIN a effectué une visite de suivi et d’évaluation des progrès et impacts de ses activités au Bénin. Elle a échangé avec les Organisations de Soutien aux Entreprises (ESO) au Bénin qui mettent en œuvre le projet ainsi qu’avec les PME bénéficiaires.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), environ 733 millions de personnes ont souffert de la faim en 2023. C’est pour contrer ce problème que l’ONG Global Alliance for Improved Nutrition (GAIN) existe depuis 2002, principalement pour lutter contre les souffrances dues à la malnutrition. Pour atteindre ses objectifs, cette organisation met en œuvre plusieurs projets dans divers pays afin d’offrir aux populations une alimentation sûre et accessible à tous. C’est le cas du Projet Impact Nutritionnel à Grande Échelle, en abrégé NIS.
Ce projet appuie les Organisations de Soutien aux Entreprises afin qu’elles puissent amplifier leur travail auprès des PME en intégrant des options de nutrition. Ainsi, des produits sûrs et nutritifs seront disponibles pour les populations, surtout les plus vulnérables. Dans le cadre de ce projet, une équipe de GAIN a initié une visite de suivi et d’évaluation au Bénin, les 19 et 20 mai 2025.
L’UAC au cœur de l’innovation nutritionnelle avec SANPRENEUR
Le lundi 19 mai, la délégation de GAIN a visité l’Université d’Abomey-Calavi pour découvrir le projet SANPRENEUR, lancé en janvier 2025. Ce projet, porté par le Centre pour l’Employabilité et l’Entrepreneuriat des Étudiants (C3E), accompagne une cinquantaine de petites entreprises dirigées par des jeunes. Il s’agit du développement de compétences avec un soutien technique pour l’amélioration de leur système de production. Le projet vise la disponibilité d’aliments sains et nutritifs à travers des formations sur « les bonnes pratiques de production que sont les aspects liés à l’hygiène, les critères pour les certifications de mise en marché et toute une gamme de contenus qui ont été dispensés, allant même jusqu’aux questions de fraude en termes de production alimentaire », a souligné Arnaud Dangbenon, Coordonnateur du C3E.
À terme, GAIN espère que cet appui technique « va aider les PME à accéder au financement au niveau des banques ou des microfinances. On s’assure aussi qu’elles ont la capacité intellectuelle à pouvoir mettre en place un plan d’exécution d’opérations pendant des mois ou des années à venir », a souligné Aimé Kwizera, Chef de délégation. Après le lancement de ce projet, les deux parties prenantes ont lancé un appel à projets puis sélectionné les entreprises bénéficiaires.
Miro Agro Business est l’une de ces entreprises. Elle transforme le baobab en biscuits enrichis. Sa promotrice, Mireille Noukpokinnou, attend de ce projet un accompagnement pour certifier ses biscuits afin de les écouler sur un grand marché. Mais avant cela, elle « a marqué les bienfaits de chaque ingrédient utilisé dans la fabrication des biscuits sur les emballages. Et de bouche à oreille, lorsqu’on va en prospection, on parle des bienfaits de ces ingrédients au consommateur, ce qui les motive à en acheter », a-t-elle déclaré.
L’autre entreprise, Oasis des Enfants, bénéficie déjà de l’accompagnement de GAIN pour la fortification de ses farines. Elle espère profiter du projet SANPRENEUR pour booster la communication autour de ses produits et contribuer à la réduction de la malnutrition. Après la visite de ces deux PME, la délégation s’est rendue, le lendemain, au siège du Groupe Réponse avec qui GAIN déploie le programme Market Me depuis octobre 2024.
Market Me : la révolution des produits à forte valeur nutritionnelle
Le programme Market Me aide les PME à améliorer la mise sur le marché des produits à forte valeur nutritionnelle issus de filières locales comme le moringa, la patate douce, le mil ou encore les légumineuses. Grâce à des formations reçues au Kenya, le Groupe Réponse a orienté sa manière d’accompagner les PME vers la nutrition. Que ce soit pour les formations en technologie alimentaire, en packaging, en calcul des coûts ou en recherche de marché, tout a été orienté vers la nutrition. Tout a été mis en place pour améliorer leurs pratiques et mieux orienter leur production.
Depuis lors, « beaucoup d’entrepreneurs engagés avec nous sont en train de revoir leur manière de produire, leur technologie alimentaire, la formulation même de leurs produits », a précisé Grâce Anago, Directrice du Groupe Réponse. La preuve : Eyram Services et Fils, par exemple, a diversifié ses produits en passant des jus de soja aux farines enrichies pour enfants, femmes enceintes et personnes âgées.
L’entreprise Assiba Fée, quant à elle, transforme le moringa en granola et corn flakes enrichis, tout en mettant l’accent sur un étiquetage clair des valeurs nutritionnelles. Aujourd’hui, « au niveau de l’emballage, il faut obligatoirement mettre les valeurs nutritives. On n’avait pas cette culture avant… Il y a ce programme qui nous amène à nous rappeler ce qu’on devrait faire et à mettre l’accent sur ces valeurs nutritionnelles », s’est exprimée Assiba Bokovo, Promotrice de Assiba Fée.
Malgré ces avancées, le programme Market Me se heurte à certaines PME qui refusent d’intégrer de nouvelles approches nutritionnelles. En réponse, le groupe continue les sensibilisations. Plus loin, le C3E entrevoit le même défi à l’avenir et compte anticiper avec les mêmes solutions. La mission de suivi et d’évaluation entreprise par la délégation de GAIN se poursuit au Nigeria, au Kenya, en Ouganda et au Mozambique.
Auriol HOUDEGBE
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