Actualitésagro-business

Gari Xouxou : De la fumée domestique à une unité moderne grâce au FNDA

Grâce à l’appui du Fonds National de Développement Agricole (FNDA), la coopérative Gari Xouxou d’Allada s’apprête à franchir une étape décisive. Installées depuis des années dans un cadre domestique devenu contraignant, ces Hommes transformateurs de manioc verront bientôt naître une unité moderne implantée au cœur des champs. À 80 % de taux d’achèvement, le nouveau bâtiment marque déjà un tournant vers une production plus sûre, plus propre et plus durable.

À Wadon, dans la commune d’Allada, la coopérative Gari Xouxou poursuit encore ses activités dans une cour familiale sous l’œil attentif de sa présidente, Joséphine Zannou. Faute d’équipements et de locaux adaptés, les neuf femmes et six hommes de la coopérative transformaient le manioc à la main, sur des foyers rudimentaires. Les foyers en bois fument beaucoup, envahissent souvent la cour et les habitations environnantes. Tout se fait avec les moyens de bord, explique dame Joséphine. « Là où nous travaillions avant, ce n’était qu’un abri fait de bois et de tôles, juste pour pouvoir rester et continuer nos activités. »

Au-delà de la pénibilité, c’est l’approvisionnement en manioc qui pose problème. La coopérative dépend encore de producteurs extérieurs, et certains rompent leurs engagements lorsque les prix augmentent. « Parfois, les producteurs vendent ailleurs, et nous n’avons plus assez de manioc à transformer », précise-t-elle.

Pour surmonter ces difficultés, la coopérative a choisi d’investir sur un nouveau site, grâce au soutien du FNDA. Situé dans une zone stratégique entourée de champs, ce site permettra non seulement d’abriter une unité moderne de transformation, mais aussi de cultiver une partie du manioc sur place, garantissant un approvisionnement régulier et une disponibilité de la matière première.

Un nouveau départ au cœur des champs

Du gari de la coopérative

C’est en 2021, lors d’un appel à projets du FNDA, que l’opportunité de concrétiser ce projet s’est présentée. Informée par les agents de l’Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA), la coopérative décide de soumettre le projet de construction. Le chemin vers le financement n’a pas été simple, se souvient la Présidente de la coopérative. Le projet a connu plusieurs allers-retours administratifs avant d’être validé. « On nous a demandé de refaire les plans du bâtiment à trois reprises, de fournir les titres fonciers, les attestations et même des devis détaillés. Mais nous ne nous sommes pas découragés. Nous avons cotisé, refait les dossiers et patienté », confie-t-elle.

Les travaux de construction de l’unité de transformation, financés par le FNDA et la Coopération Suisse à hauteur de 19,863 millions de francs CFA, complétés par un apport de 3,783 millions de la coopérative, sont aujourd’hui réalisés à près de 80 %. Le bâtiment comprendra quatre foyers performants, un espace de transformation aux normes d’hygiène et un local de stockage. « C’est un peu difficile pour nous, mais nous nous en sommes enfin sortis », se réjouit Joséphine Zannou.

Un accompagnement de proximité

Le succès du projet repose également sur l’appui constant des acteurs locaux. Les agents de l’ATDA Pôle 7, de la Fédération Nationale des Organisations de Maraîchers du Bénin (FeNoMa-Bénin), de la Direction Départementale de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (DDAEP) et de la Cellule Communale d’Allada ont assuré un suivi rigoureux du chantier. « Ils viennent souvent sur le chantier et échangent avec le prestataire. Si un matériel n’est pas adapté, ils le signalent. Tout doit être de qualité. Ils m’ont aussi beaucoup aidée dans la constitution des dossiers », témoigne dame Joséphine.

Lorsque le prestataire a rencontré des difficultés, notamment pour l’approvisionnement en bois d’ébène dur provenant de Copargo, le FNDA est intervenu pour débloquer une avance et permettre la reprise des travaux, grâce aux visites régulières du Directeur Général et de son équipe. « Je remercie beaucoup le FNDA, surtout le DG et les équipes de terrain. Sans eux, le travail n’aurait pas évolué », confie la présidente de Gari Xouxou.

De la fumée à la modernité

Avec cette nouvelle unité, la coopérative entre dans une ère de professionnalisation. Les membres pourront désormais transformer le manioc dans un espace propre, ventilé et sécurisé, loin de la fumée et des foyers rudimentaires. L’impact dépasse le cadre de la coopérative : emplois renforcés, qualité améliorée, revenus accrus. Mieux, la présidente rassure concernant la commercialisation du produit fini en ces termes : « Le FNDA va nous aider à obtenir le certificat de mise sur le marché. Cela nous ouvrira de nouveaux débouchés et valorisera nos produits ».

Son message aux autres producteurs est clair. « S’ils souhaitent demander quelque chose au FNDA, qu’ils ne s’inquiètent pas. Chaque fois qu’ils constatent que le FNDA lance des appels à projets, je les encourage à faire l’effort de postuler. […] Je leur demande également de se rapprocher des agents de l’ATDA pour se faire accompagner. Si le FNDA demande de reprendre ou de corriger un projet, c’est qu’il doit être amélioré dès le départ », soutient Joséphine Zannou.

La Coopérative Gari Xouxou est un bel exemple de réussite collective, rendue possible par l’engagement de ses membres et le soutien du FNDA et de ses partenaires. Ce projet incarne un nouveau modèle de développement rural, basé sur la proximité, la modernisation et la résilience. La Coopération Suisse, aux côtés du FNDA, reste un partenaire fidèle pour faire de l’agriculture béninoise, un secteur à la fois moderne et humain.

Auriol HOUDEGBE

LIRE AUSSI La ferme « La Gelée Royale », le rêve d’un instituteur réalisé grâce au FNDA

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
%d blogueurs aiment cette page :

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité