Le Bénin franchit un nouveau cap dans la protection de ses ressources halieutiques. Le Projet d’appui à la conservation de la biodiversité halieutique et de l’écocitoyenneté (TPC/BEN/4005) a été officiellement lancé le vendredi 29 août 2025, lors d’un atelier organisé à Cotonou.
Malgré son importance économique et sociale, le secteur de la pêche au Bénin est confronté à de nombreux défis, notamment l’usage d’engins prohibés qui accentue la surexploitation des ressources halieutiques. « Les pressions multiples sur nos plans et cours d’eau à savoir la pollution, les pratiques illicites et le changement climatique, menacent la durabilité des ressources halieutiques et le bien-être des communautés rurales », a déploré Innocent Togla, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. En effet, selon les chiffres de la campagne agricole 2023-2024 publiés par la Direction de la statistique agricole (DSA), la pêche continentale a enregistré en 2023 une baisse de 2,8 %, avec une production de 37 533 tonnes, contre 38 608 tonnes en 2022. Cette production est également inférieure à la moyenne des cinq dernières années, estimée à 41 341 tonnes.
Un projet pour agir et sensibiliser
Face à cette situation préoccupante, des mesures concrètes sont prises. Le projet TPC/BEN/4005, financé à hauteur de 200 000 USD (environ 120 millions FCFA), s’étendra sur deux ans. Il vise à protéger et conserver les ressources halieutiques, sensibiliser les populations aux bonnes pratiques de pêche et renforcer l’écocitoyenneté dans les communautés locales. « Nous avons choisi de ne pas rester spectateurs. La FAO Bénin, aux côtés du gouvernement et de ses partenaires, s’engage avec détermination à agir, à innover et à mobiliser », a affirmé Isaias Angue Obama Oyana, Représentant résident de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Bénin. La FAO a été sollicitée pour un accompagnement technique et financier dans la mise en œuvre du projet.

Le projet interviendra dans plusieurs zones du sud du Bénin, notamment : le Lac Ahémé (Kpomassè, Comè, Ouidah, Grand-Popo, Bopa) ; le Lac Nokoué (Cotonou, Sô-Ava, Abomey-Calavi) ; et la Lagune de Porto-Novo (Porto-Novo, Aguégués). Les bénéficiaires incluent les communautés locales, les autorités communales, ainsi que plusieurs structures techniques telles que l’ABSSA, les DDAEP, et la DSA.
Au terme de l’atelier de lancement, les participants ont salué l’initiative et exprimé leurs espoirs. « Ce projet peut vraiment nous apporter beaucoup, à condition que nous soyons pleinement impliqués. S’il n’y a pas de poissons, ni nous, les mareyeuses, ni les pêcheurs n’avons d’activité. C’est notre seul moyen de subsistance, car nous ne possédons pas de terres à cultiver. Nous avons besoin de cages flottantes, d’enclos, de bacs au sol […] Il faut donc aider les pêcheurs et les mareyeuses comme il faut pour que pour que ce projet atteigne véritablement son but », a confié Eugénie Bocovou, présidente de l’Association Nationale des Mareyeuses (ANM) du Bénin, à nos confrères de La Voix du Routier TV. L’atelier de lancement a permis aux participants de mieux comprendre le contexte, les objectifs, les activités et le calendrier de mise en œuvre du projet.
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