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Le Brésil suspend ses importations de cacao ivoirien

Le gouvernement brésilien a annoncé, le 23 février 2026, la suspension des importations de cacao en provenance de Côte d’Ivoire. La mesure, publiée au Journal officiel, repose sur des préoccupations phytosanitaires : les autorités craignent que des cargaisons ivoiriennes contiennent des fèves issues de pays voisins dont le statut sanitaire n’est pas reconnu par le Brésil.

Un choc pour le premier producteur mondial

La Côte d’Ivoire, qui fournit près de 40 % du cacao mondial, voit ainsi un marché stratégique se fermer. En 2024, ses exportations vers le Brésil avaient atteint 177 millions de dollars, confirmant l’importance croissante de ce débouché. La suspension intervient alors que les producteurs ivoiriens sont déjà confrontés à une baisse des cours internationaux et à des tensions autour du prix garanti fixé à 2 800 FCFA/kg.

Les exigences brésiliennes

Brasília demande désormais des garanties formelles pour s’assurer que les cargaisons ivoiriennes ne contiennent pas de fèves mélangées. Cette exigence pourrait compliquer la logistique des exportateurs ivoiriens, qui devront renforcer la traçabilité et la certification de leurs produits.

Une portée internationale

Au-delà du cas ivoirien, cette décision reflète une tendance mondiale : les pays importateurs renforcent leurs contrôles pour protéger leurs marchés. Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), l’initiative brésilienne pourrait inspirer d’autres nations, notamment en Asie, où la demande explose. Cela relance le débat sur la nécessité d’une harmonisation internationale des normes phytosanitaires, afin d’éviter une fragmentation des règles qui fragilise les producteurs africains.

L’Europe en alerte

En parallèle, l’Union européenne prépare l’entrée en vigueur de son règlement sur la déforestation importée (EU Deforestation Regulation – EUDR), qui imposera aux exportateurs de cacao de prouver que leurs fèves ne proviennent pas de zones déforestées. Selon l’European Forest Institute, ce règlement vise à garantir que les produits mis sur le marché européen soient « légaux et exempts de déforestation ». Ainsi, la suspension brésilienne et les nouvelles règles européennes convergent vers un même enjeu : pousser les producteurs africains à adopter des pratiques plus durables et transparentes, sous peine de perdre des marchés clés.

Ablam AKODJEVO

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