À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les nuisibles, célébrée le 6 juin 2025, le Programme d’agriculture durable (Sustainable Farming Programm-SFP en anglais) du CGIAR a présenté de nouvelles initiatives scientifiques. Celles-ci visent à aider les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) à mieux faire face aux ravageurs et maladies des plantes.
Dans un contexte de changement climatique et d’intensification agricole, les ravageurs se propagent plus rapidement et plus intensément. Responsables de jusqu’à 40 % des pertes de récoltes annuelles, soit environ 220 milliards de dollars américains, ils mettent en péril la sécurité alimentaire de millions de producteurs. Devant de telles situations, le CGIAR tire la sonnette d’alarme. Son Programme d’agriculture durable (SFP ) intensifie la mobilisation de la recherche scientifique pour protéger les cultures et renforcer la sécurité alimentaire mondiale.
Le SFP mise pour cela sur l’innovation, le renforcement des capacités locales et la mobilisation de la recherche scientifique pour renforcer les systèmes de surveillance et de diagnostic dans les régions les plus vulnérables.
« Nous développons des technologies pour aider les agriculteurs à gérer les ravageurs et les maladies, en particulier la lutte biologique contre les ravageurs tels que la chenille légionnaire d’automne, les cochenilles et les foreurs de gousses », a déclaré le Dr Lava Kumar, responsable de l’unité de santé du matériel génétique et de virologie et de diagnostic moléculaire à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA). Selon lui, les efforts déployés s’inscrivent dans une approche intégrée qui combine modélisation climatique, outils numériques et coordination régionale.
L’une des principales avancées du programme est la mise en place d’un réseau mondial de surveillance phytosanitaire s’appuyant sur des centres de diagnostic régionaux hébergés par les unités de santé du matériel génétique du CGIAR sur tous les continents. Ces centres permettront d’accélérer la détection des maladies et de coordonner les réponses à grande échelle.
Des lacunes à combler dans les efforts de luttes
Une enquête menée dans 26 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes a révélé d’importantes lacunes au sein des Organisations nationales de protection des végétaux (ONPV), notamment en matière de diagnostic, de suivi des épidémies et de diffusion des connaissances. Les cultures les plus menacées, selon l’enquête, sont la banane/plantain, le maïs, la pomme de terre et le riz.
En réponse, le SFP travaille à harmoniser les méthodes de diagnostic et à promouvoir le partage de protocoles et de connaissances entre régions. L’objectif est de renforcer la préparation aux nouvelles menaces phytosanitaires et de soutenir des pratiques agricoles plus durables. « La recherche et le renforcement des capacités du Programme d’agriculture durable soutiennent la santé des plantes, les cultures sans mycotoxines, la gestion intégrée de l’eau, la mécanisation spécifique au contexte, l’adaptation et l’atténuation du changement climatique dans les exploitations agricoles et l’intégration des systèmes agricoles », précise le communiqué de presse.
La jeunesse jouera un rôle central dans cette lutte grâce à la transformation numérique pour faire progresser la gestion des données et renforcer les capacités de réponse rapide. Avec cette initiative, le CGIAR trace les contours d’un réseau mondial de santé des végétaux. Un enjeu crucial, alors que les épidémies de ravageurs et de maladies représentent une menace grandissante pour les petits producteurs et la sécurité alimentaire mondiale.
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