À Lomé, du 4 au 6 mai 2026, le CORAF rassemble chercheurs, institutions régionales et partenaires techniques pour discuter sur la manière de transformer l’agriculture en véritable levier de lutte contre la malnutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre. Au cœur des échanges, la validation d’une stratégie régionale et d’un outil d’évaluation de l’agriculture sensible à la nutrition.
L’insécurité alimentaire et les multiples formes de malnutrition continuent de fragiliser les populations de la sous-région. Organisé dans le cadre du Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires (FSRP), avec l’appui de la Banque mondiale et en collaboration avec la CEDEAO et le CILSS, cet atelier de trois jours réunit les pays membres autour d’un objectif commun. Il ambitionne de leur offrir un cadre harmonisé afin de mieux orienter leurs interventions agricoles et d’en évaluer l’impact réel sur la nutrition
La recherche agricole au service de la nutrition
Pour Lardja Douti, Directeur général de l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), cette rencontre marque un tournant stratégique visant à renforcer la cohérence et l’efficacité des initiatives déjà engagées avec le FSRP. Au Togo, les premières actions du programme portent déjà leurs fruits, selon la présentation de Daouda Djélé, coordonnateur opérationnel délégué du FSRP-Togo. Celles-ci se traduisent notamment par la valorisation des produits locaux dans l’alimentation des enfants, le renforcement des capacités productives des femmes et l’introduction de chèvres pour améliorer la nutrition des ménages ruraux. À ce jour, plus de 29 000 femmes ont bénéficié de ces formations, illustrant des avancées concrètes sur le terrain.
Dans cette dynamique, le DG de l’ITRA a particulièrement mis en avant l’importance des systèmes nationaux de recherche agricole affiliés au CORAF, dont les travaux constituent un levier essentiel pour concevoir des variétés agricoles innovantes, résilientes face aux changements climatiques et à forte valeur nutritionnelle. Une orientation qui s’inscrit pleinement dans l’ambition, rappelée par Dr Niéyidouba Lamien, représentant du Directeur Exécutif du CORAF, de « mettre entre les mains des producteurs des cultures naturellement riches en nutriments, patates douces à chair orange, manioc biofortifié, céréales enrichies, pour améliorer à la fois la productivité et la qualité nutritionnelle des aliments ».
Vers une mise à l’échelle coordonnée
Au-delà des échanges d’expériences, l’atelier de Lomé ambitionne d’harmoniser les approches entre pays, d’identifier des mécanismes de mise à l’échelle efficaces et de renforcer le suivi de l’adoption des innovations par les producteurs. À terme, le CORAF entend faire de l’agriculture un pilier stratégique de la lutte contre la malnutrition, en pleine cohérence avec les Objectifs de Développement Durable.
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