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Le Gabon apprend du Sénégal pour une aviculture performante

Dans sa quête de souveraineté alimentaire, le Gabon ambitionne de structurer l’aviculture. Pour y parvenir, le pays s’inspire du modèle du Sénégal, reconnu pour le développement de son secteur grâce à une politique stricte de restriction des importations.

Cette orientation a été concrétisée par une mission à Dakar du ministre gabonais de l’Agriculture, Pacôme Kossy, qui a permis de formaliser un partenariat avec les autorités sénégalaises. À l’issue des échanges, celles-ci ont réaffirmé leur volonté d’accompagner le Gabon dans la transformation de sa filière. « Le Sénégal entend accompagner le Gabon dans sa transformation : nous allons co-construire une filière performante en capitalisant sur notre expérience », a indiqué le ministère sénégalais de l’Agriculture dans un communiqué publié le 20 mars.

Dans le prolongement de ces échanges, à l’occasion de sa visite, le ministre a souligné que la filière avicole sénégalaise repose sur une expertise locale solide, avec des ingénieurs et vétérinaires capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production. Forte d’une production annuelle estimée à près de 70 millions de poulets et plus d’un milliard d’œufs, elle s’impose aujourd’hui comme une référence à l’échelle régionale. « Des ingénieurs et vétérinaires sénégalais maîtrisent toute la chaîne de valeur », a-t-il insisté, mettant en lumière la structuration du secteur.

Par ailleurs, cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la décision prise en 2025 par Libreville d’interdire les importations de poulets de chair à partir de 2027, dans le but de renforcer l’autonomie alimentaire. Une telle mesure implique toutefois de mettre en place une production locale suffisamment compétitive pour répondre à la demande intérieure.
Selon l’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR) et la FAO, la production de viande de poulet au Sénégal est passée de 29 042 tonnes en 2005 à 159 502 tonnes en 2024, témoignant de l’efficacité d’une filière bien structurée. À l’inverse, au Gabon, la production locale reste limitée à environ 4 150 tonnes par an, tandis que les importations annuelles atteignent près de 74 300 tonnes entre 2020 et 2024.

En outre, le Gabon devra adapter les leviers du succès sénégalais à ses propres réalités économiques et structurelles afin de réussir sa transition vers une véritable souveraineté alimentaire.

Morel GOUKOUE

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