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L’indice FAO des prix alimentaires bondit de 2,4 % en mars 2026

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont progressé pour le deuxième mois consécutif en mars 2026. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pointe la flambée des coûts énergétiques liée à l’escalade du conflit au Proche-Orient comme principal facteur de cette tendance.

L’indice FAO des prix des produits alimentaires, qui mesure chaque mois l’évolution des cours internationaux d’un panier de denrées échangées à l’échelle mondiale, s’est établi en moyenne à 128,5 points en mars, soit une progression de 2,4 % par rapport à février et de 1,0 % en glissement annuel.

Les prix du blé ont été particulièrement affectés, accusant une hausse de 4,3 % sous l’effet conjugué de la sécheresse aux États-Unis et d’une baisse attendue des emblavures en Australie, en raison du renchérissement des engrais. Les cours du maïs ont légèrement progressé, tirés par une demande accrue d’éthanol dans un contexte de pétrole cher. À contre-courant, les prix du riz ont reculé de 3,0 %, sous l’effet des récoltes en cours, d’un affaiblissement de la demande à l’importation et de la dépréciation de certaines monnaies face au dollar.

Les huiles végétales et le sucre sous pression

L’indice des huiles végétales a bondi de 5,1 % en mars, affichant une progression de 13,2 % en glissement annuel. Les cours de l’huile de palme, de soja, de tournesol et de colza ont tous été orientés à la hausse, portés par la flambée du pétrole brut qui stimule la demande de biocarburants.

L’indice des prix du sucre a lui aussi grimpé de 7,2 % en mars. La perspective d’une utilisation accrue de la canne à sucre brésilienne, premier exportateur mondial, pour produire de l’éthanol a pesé sur les cours, malgré des perspectives d’approvisionnement globalement favorables grâce à de bonnes récoltes en Inde et en Thaïlande.

Des alertes sur les engrais et les choix des agriculteurs

L’économiste en chef de la FAO, Máximo Torero, appelle à ne pas sous-estimer les risques à venir. Selon lui, si le conflit se prolonge au-delà de quarante jours, les agriculteurs pourraient être contraints de réduire leurs intrants, de diminuer leurs surfaces cultivées ou de se tourner vers des cultures moins exigeantes en engrais. Ces arbitrages auraient des répercussions directes sur les rendements et les niveaux de production pour le reste de 2026 et l’année suivante.

La production céréalière mondiale reste solide, mais incertaine

La FAO prévoit une production mondiale de blé de 820 millions de tonnes en 2026, soit un recul de 1,7 % par rapport à l’année précédente. Si la baisse est attendue dans l’Union européenne, en Russie et aux États-Unis, l’Inde devrait à l’inverse atteindre un niveau record.

La production mondiale de céréales en 2025 est estimée à 3 036 millions de tonnes, en progression de 5,8 % sur un an. La production de riz devrait atteindre le niveau historique de 563,3 millions de tonnes, portée notamment par le Bangladesh, le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie.

Les stocks mondiaux de céréales devraient gonfler de 9,2 % pour s’établir à 951,5 millions de tonnes, avec un ratio stocks/utilisation de 32,2 % à la fin des campagnes 2025-2026, ce qui laisse présager une situation d’ensemble confortable sur le plan de l’offre.

Malgré ces fondamentaux relativement rassurants, la FAO avertit que l’aggravation du conflit au Proche-Orient, notamment la fermeture du détroit d’Ormuz, continue de faire peser une incertitude croissante sur les marchés agricoles mondiaux.

Ablam AKODJEVO

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