À l’approche de la Tabaski prévue début juin 2025, le gouvernement sénégalais a enclenché une série de mesures pour assurer la disponibilité de 830 000 moutons sur le territoire. Entre coopération régionale, facilitation des importations et renforcement sanitaire, les autorités anticipent pour répondre à la forte demande.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye met en œuvre des mesures visant à assurer la disponibilité de plusieurs produits. À titre d’exemple, l’importation de l’oignon et de la pomme de terre a été suspendue pour garantir leur présence sur le marché local, en particulier pendant les périodes de fête, où la demande est forte. Cette fois-ci, le pays anticipe la fête de la Tabaski, prévue pour le 6 ou le 7 juin.
C’est dans ce cadre qu’un conseil interministériel s’est déroulé sous la présidence du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr. Mabouba Diagne, en présence de Ahmadou Al Aminou Lo, nommé ministre chargé du Suivi, du Pilotage et de l’Évaluation de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Pour la Tabaski 2025, le Sénégal a un besoin de 830 000 moutons dont 260 000 pour Dakar. « Il y aura une grande contribution de l’élevage local, qui va approvisionner le marché à hauteur de 580 000 moutons. Les 250 000 restants seront importés des pays voisins, le Mali et la Mauritanie notamment », a souligné le ministre Diagne.
En effet, le Sénégal attend plusieurs moutons en provenance du Mali. Déjà en 2024, le Mali a fourni 36,95 % des moutons importés par le Sénégal, soit 109 920 têtes sur un total de 297 488, précise le ministère de l’agriculture. Une mission a d’ailleurs été conduite par le Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement Paysan, Dr Alpha Ba, en République du Mali, pour porter un message du président Faye à son homologue, le Général Assimi Goïta. Il était question de renforcer les liens historiques et économiques pour « un approvisionnement fluide, sécurisé et suffisant du marché sénégalais en moutons, avec un accent particulier sur la coopération transfrontalière ».
Aussi, du 18 avril au 22 juillet 2025, plusieurs mesures du Premier ministre Ousmane Sonko seront mises en exécution. Primo, un relâchement des contrôles frontaliers. Secundo, une exonération des droits et taxes sur les moutons de Tabaski. Tertio, trois bergers seront autorisés par camion pour accompagner les animaux. Toutes ces mesures permettent également de lutter contre le vol de bétail, qui cause d’importantes pertes aux éleveurs.
Côté sanitaire, il a été établi que le ministère de l’agriculture prendra les mesures idoines pour la surveillance sanitaire du bétail provenant de l’extérieur. De commun accord avec les autorités locales, des points d’eau temporaires seront installés. S’y ajoute l’aménagement de points de vente avec éclairage, sans oublier le désencombrement de ces sites avant, pendant et après l’Aïd el-Kébir. Un comité de gestion des zones de vente sera également mis en place.
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