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Togo : la filière soja mise sur le bio pour se démarquer à l’international

La 5ème édition de la campagne nationale de production du soja a été lancée le 30 juillet à Agbélouvé, dans la préfecture de Zio (sud du Togo), sous le thème « Soja biologique, notre choix, notre avenir ». Portée par le Conseil interprofessionnel de la filière soja (CIFS Togo), cette édition ouvre une nouvelle saison d’engagement pour une filière que les autorités considèrent comme stratégique.

Ne pouvant rivaliser en volume avec les grands producteurs mondiaux, le Togo entend se positionner sur des marchés de niche à plus forte valeur ajoutée. Mounirou Koriko, président du conseil d’administration du CIFS, explique que la taille limitée de la production togolaise face à l’offre internationale pousse la filière vers ces marchés de niche , le soja biologique constituant selon lui l’outil de développement le plus prometteur pour la filière et ses acteurs.

Pour le président du CIFS, l’enjeu dépasse la seule dimension commerciale. Il présente ce choix du biologique comme une question de souveraineté économique et de préservation des sols et de la santé des populations, tout en soulignant que la labellisation bio doit permettre d’apporter une réelle valeur ajoutée aux producteurs et de positionner le Togo comme un acteur incontournable sur les marchés internationaux.

Une croissance rapide, mais un pari encore fragile

Cette orientation intervient alors que la production togolaise de soja connaît une expansion spectaculaire : de 25 000 tonnes en 2015, elle est passée à 260 000 tonnes en 2024, la filière visant désormais 500 000 tonnes à l’horizon 2026. Le soja représente aujourd’hui près de 67 000 hectares, soit 38 % des surfaces nationales consacrées aux légumineuses, et fait vivre environ 200 000 ménages. Pour la campagne 2025-2026, l’objectif affiché est de commercialiser 200 000 tonnes, une partie croissante étant destinée à la transformation locale (huile, farine, tourteaux).

C’est précisément cette montée en puissance qui rend le virage biologique plus complexe à négocier. Le règlement européen sur la production biologique, entré en vigueur en janvier 2022, impose désormais aux coopératives togolaises d’assurer elles-mêmes la gestion de leur certification bio, une exigence qui a mis en évidence leurs lacunes en matière de traçabilité et de gestion documentaire. C’est pour combler ce déficit que le projet Cap-Bio Togo, financé par l’Union européenne et l’Allemagne, accompagne actuellement 36 500 producteurs des filières ananas, mangue et soja dans la mise en conformité avec ces nouvelles normes. Le pari du bio annoncé à Agbélouvé ne pourra donc porter ses fruits qu’à condition que cette mise à niveau technique et administrative suive le même rythme que la croissance des volumes.

Ablam AKODJEVO

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