En ce début d’avril 2026, les Tunisiens subissent une envolée brutale des prix alimentaires, marquée par une inflation sectorielle qui dépasse largement l’indice général de 5 %. Les tarifs de la tomate et du piment atteignent désormais des sommets respectifs de 4 000 et 5 000 dinars, étranglant le budget des ménages en pleine période de transition agricole.
Cette flambée des prix s’explique par le phénomène de l’intersaison, une période charnière où l’offre de légumes de l’arrière-saison s’épuise alors que les récoltes estivales ne sont pas encore prêtes. Ce déséquilibre structurel entre l’offre et la demande raréfie les produits sur les étals, d’autant plus que les cultures sous serres, actuellement dominantes, supportent des coûts énergétiques et logistiques bien plus élevés que les cultures de plein champ.
Au-delà de la saisonnalité, l’économie tunisienne subit une pression constante sur les prix alimentaires, qui progressent souvent plus vite que le taux d’inflation global. Les autorités tentent de stabiliser le marché par un renforcement des contrôles économiques et une lutte active contre la spéculation, espérant que l’arrivée des récoltes saisonnières d’ici quelques semaines permettra d’augmenter l’offre de 20 % à 30 %. En attendant cette détente naturelle, les foyers doivent réorganiser leurs priorités financières face à un panier de la ménagère devenu particulièrement onéreux.
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