Alors que plusieurs autres maladies infectieuses ont accaparé l’attention ces dernières années, le VIH continue d’être une véritable épine dans les pieds des populations vulnérables. Le Bureau régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a présenté mardi dernier à Dakar, le rapport mondial sur la maladie dans la région. Même si plusieurs points cruciaux tels que la mobilisation des ressources de lutte contre la maladie restent à régler, il ressort de ce rapport que la propagation du VIH a diminué en Afrique de l’Ouest et du centre de 46 % entre 2010 et 2023.
Pendant que le nombre de personnes ayant contracté le VIH a augmenté en Europe de l’Est et en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi qu’en Amérique latine, l’Afrique occidentale et centrale, de même que plusieurs autres régions enregistrent des baisses conséquentes. Ce qui s’explique non seulement par l’engagement des États à jouer leur partition mais aussi et surtout par la prise en charge et le traitement des personnes infectées et aussi la vulgarisation des politiques de prévention. Ainsi, entre 2010 et 2023, le nombre de décès liés au Sida a diminué de 55 % en Afrique de l’Ouest et du centre.
Berthilde Gahongayiré, Directrice régionale de l’ONUSIDA pour l’Afrique de l’ouest et du centre, a affirmé à l’occasion de la cérémonie de lancement du rapport régional 2024 que « dans notre région, nous avons aussi fait d’énormes progrès dans l’accès au traitement. Le nombre d’adultes (âgés de 15 ans et plus) qui reçoivent un traitement contre le VIH a plus que doublé depuis 2015. Aujourd’hui, 81 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 76 % de celles qui reçoivent un traitement antirétroviral et 70 % ont une charge virale supprimée. »

Si ces chiffres sont encourageants, il reste néanmoins, de nombreux défis à relever afin d’atteindre les objectifs fixés pour 2025 en ce qui concerne les nouvelles infections ou les décès liés au sida. « Le VIH pédiatrique est une priorité absolue dans la Région, mais seulement 35 % des enfants vivant avec le VIH recevaient un traitement en 2023. De plus, la région abrite 20 % des femmes enceintes vivant avec le VIH dans le monde, mais plus de la moitié d’entre elles ne suivent pas de traitement antirétroviral » s’est alarmée madame Berthilde Gahongayiré.
Face à ces défis, chaque pays doit s’engager davantage en consacrant plus de ressources à la lutte contre le VIH. Pour l’heure, les pays africains ne sont pas des modèles dans ce domaine puisque le rapport montre que les ressources dédiées au VIH ont diminué de 3 % en 2023 dans zone africaine subsaharienne pendant que ressources internationales ont augmenté de plus de 10%. De quoi se retrousser les manches afin d’éliminer définitivement le VIH qui l’un des pires virus du XXIè siècle.
A. T.



