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Bénin : Le projet FIPA transforme les diplômés des lycées agricoles en chefs d’entreprise

Le 3 novembre 2026, au siège d’Enabel à Parakou, de jeunes diplômés issus des lycées techniques agricoles ont présenté l’état d’avancement de leurs entreprises dans les filières soja et lentille de terre.

« Avant le projet FIPA, sur un hectare de soja, je parvenais à avoir à peine 8 sacs de 100 kg. Aujourd’hui, je suis à une tonne et demie, soit 15 sacs ». Ce témoignage Waliou Orou Méré, promoteur de l’entreprise « Le Nouveau Défi et Fils », lors de la session de pitchs organisée, résume l’ambition du projet de Formation et Insertion Professionnelle Agricole (FIPA). Financé par l’Agence luxembourgeoise pour la Coopération au développement (LuxDev), coordonné par Enabel et exécuté avec l’Association Sojagnon, il s’inscrit dans le Pôle de Développement Agricole 4 (PDA4). En effet, le dispositif repose sur trois résultats, a rappelé Salami TENAKA, Chef de projet FIPA, à Enabel. Le premier consiste à revoir avec les lycées techniques agricoles les curriculums et les formations, afin que le jeune, à sa sortie, « ne soit pas encore en train de chercher du travail. Il sort avec son travail en main ». Le deuxième porte sur la gouvernance des établissements et la formation des enseignants. Le troisième est une expérience pilote d’installation des jeunes diplômés.

Des entreprises, pas seulement des candidats

La présidente du comité de sélection a placé la barre haut. « Nous ne cherchons pas simplement des futurs entrepreneurs, mais des entreprises performantes. Des entreprises qui, par leur vision, leur rigueur et leur potentiel, deviendront des modèles de réussite, des moteurs de croissance et de création d’emplois pour notre jeunesse ». Lagnon Patrice Sèwadé, coordonnateur de l’Association Sojagnon a dressé le bilan de la première cohorte. « Depuis son lancement, ce sont 70 structures, MPME, TPE et groupements, qui bénéficient d’un accompagnement et d’un parcours d’incubation et d’accélération structuré », a-t-il laissé entendre. Au programme, un accompagnement personnalisé, un renforcement des capacités techniques et entrepreneuriales, des stages d’immersion, un coaching individuel et des facilités de réseautage d’accès aux marchés et aux financements.

S’adressant aux promoteurs, il a salué leur dynamisme, innovation, leadership et progrès remarquables. À ce tournant du parcours, la journée devait permettre d’identifier, selon un processus rigoureux, transparent, participatif et fondé sur des critères objectifs, 17 MPME au plus fort potentiel de croissance, appelées à bénéficier d’un accompagnement stratégique approfondi en vue d’une mise à l’échelle.

Des pitchs pour mesurer l’avancement

Les candidats se sont succédé devant le jury, avec quelques minutes pour défendre leur entreprise, leur marché et leur vision. Certains s’appuyaient sur leurs notes, d’autres se sont lancés sans papier, chiffres et résultats à l’appui. Production, transformation, emballage, débouchés ; chacun a présenté son projet à sa manière. Face à eux, le jury a écouté, noté et relancé. L’exercice ne visait pas à désigner un premier, mais à situer le niveau d’avancement de chaque entreprise.

Pour la suite, le chef de projet a demandé de la méthode. Les rapports de diagnostic font ressortir six ou sept axes de faiblesse. Il a plaidé pour deux axes leviers, ceux qui, une fois réglés, règlent en partie les autres. Le temps est désormais compté. « On n’a que trois ans, alors que les projets en font en général cinq », a-t-il insisté. Son message aux entrepreneurs est sans détour. « Nous voulons passer à l’échelle, et nous savons que vous êtes prêts ».

Douze mois de suivi avec Canal Développement

Le processus d’accompagnement de cette cohorte étant arrivé à terme avec l’Association Sojagnon, les candidats passent au niveau supérieur avec l’assurance du relais par Canal Développement, à qui les entrepreneurs sont confiés pour les douze prochains mois. Nassirou Abdou Tamou, point focal de la structure a dit avoir mesuré, à travers cet exercice, « le potentiel qui est vraiment en chacun d’eux ». Selon lui, les diagnostics seront repris, afin de savoir avec précision quels axes appuyer pour accélérer chaque entreprise.

Chez les promoteurs, l’accompagnement a déjà laissé des traces. « J’ai amélioré mon packaging et je sais aborder les clients pour de nouveaux marchés », a témoigné Matilde Abékpé, promotrice de l’Etablissement Marossa, qui promet d’aller de l’avant et de donner mieux d’elle-même. Pour Waliou Orou Méré, le projet démontre « qu’on n’a plus besoin d’attendre l’État, ni de guetter les concours ».Pour rappel, tous les candidats sont repartis avec une attestation et la perspective de douze mois de suivi.

Ablam AKODJEVO

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