La 6e conférence internationale du programme G4AW s’achève ce jeudi à Utrecht aux Pays-Bas sur une note d’exhortation vis-à-vis des banques. Il faut de leur part plus d’engagements de leur part pour soutenir les agriculteurs grâce à des financements adaptés à leurs besoins.
La problématique du financement de l’agriculture restera un grand challenge tant que les banques et institutions financières vont se montrer conservatrices et frileuses. La question était au cœur d’un panel de la 6e conférence du programme G4AW axée sur le thème « Space for inclusive finance » (Espace pour la finance inclusive). Cette rencontre internationale qui a connu la participation de nombreuses institutions financières a révélé l’importance cruciale de l’agriculture de précision (avec l’usage des données satellites » comme un moyen efficace pour identifier les besoins des agriculteurs afin de leur apporter des solutions de financement pertinentes, quelle que soit leur situation géographique.
Le bémol c’est l’attitude frileuse et conservatrice de ces banques bien qu’il existe un besoin inassouvi de financement pour assurer les besoins de leur exploitation. « Des études montrent qu’il y a presque un manque de 1000 milliards de dollars de financements au niveau des agriculteurs », explique Lars Van Doremalen, gestionnaire d’accès aux finances à Solidaridad.
De toute évidence, le financement de l’agriculture ne saurait s’envisager sans ces acteurs souvent trop attachés aux méthodes de vérifications de garantie physique et très prudents dans la gestion de leurs portefeuilles. Pourtant des alternatives en termes d’accompagnement des solutions technologiques pour l’octroi des crédits aux agriculteurs existent et ne sont pas suffisamment exploitées.
« Aujourd’hui, les nombreuses solutions numériques appuyées par les programmes géospatiaux rendent l’identification des agriculteurs plus faciles favorisant ainsi l’intervention des mécanismes de financement », va révéler Lars Van Doremalen. L’exemple édifiant dans certains pays du monde suffit pour susciter un véritable changement de paradigme afin de booster l’agriculture. Le témoignage de Keith Wallace, directeur de Hivos Impact Investment dans la filière de la banane est très éloquent. « Nous avons accompagné des producteurs l’année dernière qui avaient du mal à avoir des bananes. L’entreprise est passée du séchage solaire des bananes à un laboratoire d’usine qui crée les plantules pour la replantation pour une plus grande production. Les agriculteurs ne gagnaient pas beaucoup et l’implication de la technologie a donc crée de la réelle valeur ajoutée », a-t-il confié sur le panel.
Ainsi, l’inclusion financière recherchée pour les acteurs agricoles ne peut se réaliser que si les banques locales intègrent dans leur logique la complémentarité entre les technologies et les besoins exprimés par les agriculteurs. Pour y parvenir, les participants au panel soutiennent que les investisseurs, les partenaires publics et privés et les ONG au même titre que les banques doivent y jouer une partition.
Méchac A.



