Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans le développement de sa production de lait. Le mercredi 11 mars 2026, à Loumbila, les autorités ont réceptionné et lancé l’opération de diffusion de 710 vaches gestantes de races performantes importées du Brésil.
Face aux enjeux de sécurité alimentaire, le gouvernement burkinabé intensifie ses efforts pour renforcer la production locale de lait. L’objectif est de réduire les importations de produits laitiers, qui représentent un coût estimé à près de 20 milliards de francs CFA par an. L’introduction de ces 710 bovins de races sélectionnées s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large de structuration de la filière bétail-lait-viande.
Arrivés le 24 février 2026, les animaux appartiennent à cinq races reconnues pour leurs performances laitières et leur capacité d’adaptation. Le cheptel importé se compose notamment de 430 vaches de race Girolando, 100 vaches de race Guzerat, 100 vaches de race Nelore, 50 vaches de race Giret et 30 vaches de race Holstein. Selon les responsables techniques, ces bovins ont un potentiel de production compris entre 15 et 40 litres de lait par jour, en fonction des conditions d’élevage et de la qualité de l’alimentation.
Une quarantaine rigoureuse avant la remise aux éleveurs
Dès leur arrivée, les vaches ont été placées en quarantaine pendant deux semaines à Loumbila, pour vérification de leur état sanitaire et leur adaptation aux conditions locales. « Nous avons effectué des prélèvements pour nous assurer que les rapports sanitaires fournis par le Brésil correspondent à la réalité », a expliqué Ardjouma Sirima, directeur général du Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants.
Des retombées économiques et des perspectives de croissance prometteuses
Selon les projections du ministère chargé des Ressources animales, la production pourrait atteindre environ 1,2 million de litres de lait dès la première année. Grâce à l’amélioration génétique du cheptel, ce volume pourrait être multiplié par trois d’ici cinq ans.
Cette initiative, selon Kisswensida Nour Al-Ayatt Ouédraogo, président de l’interprofession des producteurs de lait, offre aux producteurs des perspectives de croissance importantes, soutenues par une capacité de collecte actuelle de 4 millions de litres par an. « Vu le besoin en matière de quantité de lait, dans les unités de transformation, cette initiative va booster la production laitière », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, un écosystème d’accompagnement a été mis en place, incluant des unités de fabrication d’aliments pour bétail, des unités de transformation laitière, des laboratoires vétérinaires et une centrale d’achat de médicaments. Il importe de rappeler que le projet résulte d’une coopération renforcée avec le Brésil, dans le cadre du dialogue Brésil-Afrique de mai 2025, et pourrait ouvrir la voie à d’autres initiatives visant à faire de l’élevage un moteur de développement économique et de sécurité alimentaire.
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