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Dr Sissou Zakari : « Ce qui arrive… va affecter nos systèmes de production »

Rien n’est plus comme avant, la sécheresse, l’inondation, la chaleur, les maladies infectieuses des cultures et autres aléas climatiques mettent en mal les systèmes agricoles en Afrique et dans le monde. Docteur Sissou Zakari, agronome environnementaliste et enseignant-chercheur à l’Université de Parakou a expliqué aux acteurs des systèmes nationaux de recherches agricoles (SNRA), mardi 21 mai 2024, comment les changements climatiques impactent les systèmes agricoles. A travers cet entretien exclusif accordé à Agratime, dans le cadre d’un atelier de formation du Conseil ouest et centre africain de la recherche et le développement agricoles (Coraf), à Cotonou, l’expert revient sur les causes, conséquences et approches de solutions pour atténuer le phénomène. Découvrez !

Agratime: Selon vous, quels sont les principaux problèmes ou les défis auxquels les producteurs font face aujourd’hui et qui nécessitent qu’on aille à l’Agriculture Intelligente face au Climat (AIC) ?

Dr Sissou Zakari : Je trouve que c’est une question très intéressante parce que quand vous prenez le système agricole, c’est comme aussi au niveau du système de santé. Dans le système de santé, vous allez voir que tout est structuré. Dès que vous allez auprès de votre médecin, il vous fait d’abord un diagnostic. Et c’est après ce diagnostic-là qu’il va proposer des solutions qui peuvent régler votre mal. Mais en agriculture, nous avons un système qui n’est pas très structuré et ça fait que souvent c’est difficile d’identifier d’abord les problèmes que nous avons, ou soit l’alerte est souvent tardive, c’est-à-dire que les effets sont déjà ressentis avant qu’on ne puisse apporter les solutions. Dans ce cas-ci, ça veut dire qu’il est déjà trop tard même si l’intervention avait eu lieu. Donc pour notre cas ici, c’est qu’il faut d’abord pouvoir régler le problème qui est lié au changement climatique parce que c’est le défi le plus primordial aujourd’hui des systèmes agricoles. Qu’est-ce qu’il y a comme problèmes qui sont liés peut-être à l’eau ou à la température et qui peuvent affecter tout ce que nous produisons ? En parlant de production, ce n’est pas nécessairement ce que nous avons au niveau des cultures, mais on va parler aussi des systèmes tels que la production animale, l’aquaculture et même les chaînes de valeur, c’est-à-dire les marchés où on fait écouler nos produits. Donc le changement climatique aujourd’hui étant un défi, ça crée des conséquences qui sont néfastes et amplifient déjà les différents défis que nous avons auparavant, par exemple la dégradation des terres et puis d’autres qui existent dans le système agricole.

Quelle différence existe-t-il entre météo et climat ?

La météo et le climat c’est une question de temps. D’abord, c’est l’observation de paramètres ou de variables qui sont dans l’atmosphère, donc des manifestations qui se produisent dans l’atmosphère durant un certain temps. Ces manifestations, on peut parler de la pluviométrie, donc la pluie. On peut parler aussi des vents ou bien de la température. Si on va les regarder durant un certain temps, comment est-ce que ça se passe ? Est-ce qu’il y a eu des changements ou bien est-ce qu’il n’y en a pas eu ? C’est ça un peu la différence.

Par rapport à la météo, c’est sur un court temps. Ça peut être ce qui s’est passé aujourd’hui ou ce qui s’est passé il y a deux semaines, il y a dix jours, ou bien ce qui va se passer dans un avenir qui est proche ou dans un passé qui est récent. En parlant de climat, c’est une période qui est beaucoup plus longue. Donc, c’est le temps qui est en fait la nuance entre ces deux concepts.

L’atelier de formation du Coraf porte également sur l’agroécologie. Quel est le lien entre l’AIC et l’agroécologie ?

Quand on parle de l’agriculture intelligente face au climat (AIC), en fait c’est aujourd’hui trois piliers. On va parler de la productivité, c’est-à-dire comment est-ce que nous pouvons adapter les systèmes de production de sorte que la productivité, c’est-à-dire les quantités, les rendements soient améliorés dans nos systèmes. Mais mis à part ça, il y a ce qu’on va appeler l’adaptation. L’adaptation, c’est dû au fait qu’il y a les conséquences du changement climatique qui existent déjà. Même si on essayait d’interrompre par exemple les causes des manifestations de ces changements climatiques, on va les subir pendant au moins 50 à 100 ans selon la façon dont on va ajuster nos politiques pour pouvoir combattre ce problème qui est en train de subvenir dans le monde actuellement. À part l’adaptation, il y a aussi l’atténuation qui est une méthode, c’est-à-dire une solution pour réduire les causes qui ne sont rien d’autre que ce qu’on va appeler les gaz à effet de serre. Donc, trois piliers, productivité, adaptation et atténuation.

Quand on va prendre l’agroécologie, elle apparaît comme une pratique agricole qui permet d’atteindre les objectifs de l’Agriculture Intelligente face au Climat. Donc, c’est une des options que nous utilisons comme solution.

Quand vous parlez d’atténuation, vous parlez certainement de gaz à effet de serre. Et puis quand on parle du changement climatique, qu’est-ce qu’on peut comprendre par serre et effet de serre ?

Les serres, ce sont des structures qui sont créées surtout dans les zones tempérées et qui permettent normalement de créer des conditions optimales de culture pour certaines spéculations. Et spécifiquement quand on va regarder l’utilisation des serres, c’est là-bas que ça a été inventé. Puisqu’à un moment donné il fait frais, et ils ne peuvent plus produire certaines cultures. Alors que c’est en ce moment-là qu’il y a vraiment de la disette, c’est comme la sécheresse chez nous, c’est beaucoup plus la neige qui couvre le sol. Donc les serres sont utilisées pour créer des conditions qui réchauffent un peu les endroits où ça a été installé. Cela permet de cultiver et d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent durant ces périodes-là où c’est un peu difficile d’avoir des légumes et tout ça.

Maintenant, les serres chez nous, quand vous allez regarder, c’est beaucoup plus pour la protection des végétaux. C’est vrai, il y a des serres aujourd’hui qui sont sophistiquées où nous avons les moyens pour pouvoir installer des systèmes de climatisation ou bien des systèmes où on va appliquer de façon précise et au moment où il le faut. Ça c’est juste une façon de ramener l’agriculture de façon intensive et beaucoup plus avec une production optimale sans trop de danger par rapport aux ravageurs et en même temps avec une utilisation optimale des intrants agricoles. Cela a créé beaucoup de pertes.

Les serres, ce sont des structures qui sont créées surtout dans les zones tempérées et qui permettent normalement de créer des conditions optimales de culture pour certaines spéculations.

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Docteur Sissou Zakari, agronome environnementaliste et enseignant-chercheur à l’Université de Parakou

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Il y a une étude récente de la Banque mondiale qui révèle qu’au Bénin, l’agriculture et la sylviculture sont les grosses émettrices de gaz à effet de serre au plan national. Qu’est-ce qui peut expliquer cet état de chose ?

Je crois que vos questions sont intéressantes et on voit que vous avez aussi une maîtrise du sujet. L’agriculture émet ce qu’on appelle aussi des gaz à effet de serre. Qu’est-ce qu’un gaz à effet de serre ? Tout à l’heure, j’ai parlé de la serre sans mentionner les gaz à effet de serre. Les gaz à effet de serre, ce sont ces gaz-là qui sont dans l’atmosphère et qui captent les émissions infrarouges du sol et les empêchent d’être évacuées, pas dans la nature mais beaucoup plus dans les couches supérieures de l’atmosphère afin que ça ne soit pas trop à côté de nous, comme au niveau des couches qui sont plus proches. Maintenant, ce qui se passe, c’est qu’une fois que ces rayonnements sont bloqués, ils sont renvoyés encore vers le sol et le sol les renvoie encore dans l’atmosphère qui les bloque, Donc, ces gaz ont cette habitude-là de pouvoir garder pour une longue période la chaleur qu’ils ont eu à intercepter. Un exemple de ces gaz c’est le dioxyde de carbone qu’on appelle le CO2, normalement ça c’est la formule chimique. Et il y a d’autres aussi comme le méthane et il y a un autre aussi qu’on va appeler le protoxyde d’azote. A part ça il y a beaucoup d’autres qui sont très peu évalués.

Maintenant quand on regarde les émissions de ces gaz-là, l’agriculture, normalement, devrait absorber le CO2 à travers la photosynthèse et émettre l’oxygène. En regardant d’autres formes de culture comme par exemple la riziculture irriguée bien sûr, où tout est fait dans les basfonds où l’eau est apportée à saturation, ce qu’on va observer c’est que lorsqu’il y a l’eau qui est là, et qu’il y a la décomposition de la matière organique, en absence d’oxygène, ça va dégager ce qu’on va appeler le méthane. Ce méthane a un pouvoir d’absorption de chaleur ou un pouvoir de réchauffement climatique qui est plus grand que le CO2. Au même moment, il y a aussi le protoxyde d’azote dont j’ai parlé, le N2O, qui provient des engrais que nous apportons régulièrement. Ces engrais-là vont s’oxyder avec la présence de l’oxygène et produire ce qu’on va appeler N2O, le protoxyde d’azote. Ce protoxyde d’azote-là a un pouvoir de réchauffement qui est près de 300 fois plus élevé que celui du gaz carbonique, le CO2. Donc si on peut contrôler ces émissions-là, ça veut dire que l’agriculture va aussi réduire ces émissions de gaz à effet de serre. C’est ce qui fait que nous disons que l’agriculture émet beaucoup de gaz à effet de serre jusqu’à hauteur de 17,5-17,8%.

Mis à part ça, j’ai parlé tout à l’heure de la production végétale, la production animale aussi c’est pareil. Quand nous avons une production d’élevage de bétail, il y a ce qu’on appelle la fermentation entérique, c’est-à-dire quand les animaux normalement prennent l’herbe afin que l’herbe puisse se transformer en énergie qu’ils vont utiliser, il y a une fermentation qui se fait au niveau de leur estomac. La digestion se fait sans oxygène. Donc, cette fermentation se fait en milieu anaérobique et le carbone va s’associer avec le H2O qui est l’eau et créer ce qu’on va appeler le méthane qui augmente les émissions de méthane dans l’atmosphère. Si on avait un moyen par exemple de capter tout le méthane qui est produit par les animaux et de pouvoir les transformer en combustible, les gaz que nous utilisons à la maison pour la cuisine, ça veut dire qu’on est en train d’avoir des effets qui réduisent les émissions de ces gaz-là. Donc c’est ça que nous mettons dans l’atténuation. Comment est-ce qu’on peut réduire les sources d’émissions, ou bien capter et stocker ce qui était déjà dans l’atmosphère, qu’on va appeler les puits de carbone ? Ce sont seulement certains arbres qui ont cette capacité-là à travers la photosynthèse.

Les gaz à effet de serre sont ces gaz-là qui sont dans l’atmosphère et qui captent les émissions infrarouges du sol et les empêchent d’être évacuées, pas dans la nature mais beaucoup plus dans les couches supérieures de l’atmosphère

Parlant justement de captage de ces gaz à effet de serre, en quoi les zones humides, notamment les mangroves contribuent-elles à atténuer les effets néfastes du changement climatique ?

Pour les mangroves, on va donner un raisonnement qui est un peu équivoque, qui ne serait pas dans un sens. Les mangroves peuvent développer le captage à travers toute cette biosphère, c’est-à-dire tout ce qu’il y a comme arbres autour et qui peuvent se développer et capter le CO2 de l’air. Mais mis à part ça, au niveau des mangroves, à cause de la présence de l’eau en permanence, ça fait que ce sont des phénomènes de fermentation qui se passent au niveau des animaux, au niveau de la riziculture, c’est presque le même phénomène qui va se développer. Ainsi, les mangroves, au lieu qu’elles absorbent les gaz à effet de serre, elles vont plutôt émettre de gaz à effet de serre à cause de la décomposition qui se passe en milieu anaérobique, c’est-à-dire sous l’eau, au niveau des zones saturées en eau.

Cela veut dire qu’il y a d’autres solutions que les producteurs doivent développer dans l’urgence pour accroître leur résilience face aux changements climatiques.

Normalement oui, parce que tel qu’on le dit, aujourd’hui avec les changements climatiques, il y a beaucoup d’impacts négatifs que cela apporte. Ça commence déjà par les sécheresses que nous ressentons. Vous allez remarquer que cette année vous avez eu plus chaud que les années antérieures. Donc c’est ce qui va survenir avec le temps dans le futur. Ces manifestations-là vont se répéter, s’intensifier, de sorte que ce soit vraiment un signal pour l’humanité qu’il y a des choses qui se passent et qu’il faut commencer à changer nos comportements. Mais pour ne pas être surpris, au niveau des producteurs, il faut d’abord qu’il y ait une prise de conscience. Il faut que les gens sachent que qu’il y a quelque chose de nouveau qui est en train de venir. Ce qui arrive de nouveau n’est pas à notre faveur, c’est à notre défaveur. Puisque ça va affecter nos systèmes de production, on va avoir des cultures qu’on va installer et à un moment donné, il y a la pluie qui va s’arrêter. Ça fait que les plants vont souffrir et une fois que la plante souffre, ça veut dire que ça va affecter immédiatement le rendement. Juste une petite souffrance peut créer des pertes qui peuvent aller jusqu’à 50%, parce que la plante n’a pas eu le temps de se développer et ça dépend aussi du stade de développement au moment où cela arrive. Si c’est au moment de la floraison, ça veut dire que c’est très grave parce qu’il y a l’avortement des fleurs qui va être très intense et il y aura beaucoup de pertes surtout en termes de rendement.

La résilience c’est beaucoup plus la façon dont les producteurs vont renforcer leurs systèmes afin qu’ils ne soient pas affectés par les conséquences de ces changements climatiques que nous avons.

Comment est-ce qu’il faut le faire ? Il n’y a pas une solution magique. Les solutions sont spécifiques à chaque localité puisque les manifestations ne sont pas les mêmes. À un endroit donné, vous allez remarquer que c’est la température qui va augmenter et quand la température va augmenter, la neige va fondre. Si la neige fond, ça veut dire qu’ils ont plus d’espace cultural. Donc c’est en leur faveur pendant que dans d’autres endroits, il va faire tellement chaud qu’il n’y aura pas d’espace cultural parce que la pluie n’étant pas là, ça va réduire les superficies cultivables. Ce sont les bas-fonds qui vont être maintenant convoités et tout le monde va courir vers les bas-fonds. Et en fin de compte, ce sont des conflits que ceci risque de générer, une autre forme de conflit.

Revenant sur la résilience, c’est local et ça dépend de la manifestation. Si dans un endroit où nous avons des problèmes qui sont liés, par exemple à la sécheresse, on sait que la sécheresse peut affecter directement les sols, la teneur en eau, donc il suffit de prendre des dispositions. Si ça va affecter le sol, comment est-ce qu’on va faire pour utiliser des pratiques d’adaptation régénérative, où on va moins perturber le sol, apporter de l’eau au sol et faire en sorte que la vie au niveau du sol aussi puisse être bien visible et que le sol soit bien vivant. Mis à part ça, on peut créer par exemple des bassins de collecte des eaux de ruissellement. Chaque fois qu’il pleut, quand on prend le Bénin, on dit que c’est au moins 900 millimètres (mm) de pluie par an. Les 900 mm, ça veut dire qu’il y a 900 litres d’eau qui tombent sur un mètre carré. Multipliés par la superficie du Bénin, imaginez-vous cette ressource en eau-là qui est disponible, qu’on peut récupérer. Les Burkinabè, eux, ils ont déjà développé ce qu’on appelle le One Village, One Dam. Quand il y a une goutte d’eau qui tombe chez eux, ils vont l’utiliser une, deux, trois, quatre fois à travers différents processus avant que ça ne s’échappe par évaporation ou par transpiration dans l’atmosphère. Donc, il faut qu’on commence par aller déjà à leur école et qu’on puisse essayer aussi de les utiliser comme des moyens d’adaptation au changement climatique.

Un autre moyen d’adaptation des producteurs est l’irrigation. Mais vous estimez que cette pratique agricole a aussi des inconvénients. N’est-ce pas paradoxal ?

C’est paradoxal, on va dire que c’est équivoque aussi. Parce que là, si vous avez une pratique d’irrigation que vous mettez en place, il faut s’assurer que votre eau est de bonne qualité. Ça, c’est ce qui est primordial. C’est des inconvénients. Mais si vous utilisez de l’eau qui est chargée en minéraux, par exemple en sel et que vous faites l’irrigation avec, même si le niveau de sel est très faible, ça veut dire que vous mettez votre surface culturale à risque. Avec le temps, ça va être chargé beaucoup plus de sels qui vont précipiter au niveau du sol et ça va saliniser le sol. Et comme ça, on sait que ce ne sont pas toutes les cultures qui sont tolérantes au sel. Et là, votre sol ne sera plus utilisable avec le temps.

Puisque le Coraf travaille dans la recherche agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre. Comment les chercheurs pourraient-ils contribuer à la lutte contre les changements climatiques ?

Je trouve que le Coraf est en train de beaucoup aider déjà parce qu’aujourd’hui il y a une plateforme qu’ils ont mise en place appelée le MITA, le Marché des innovations et technologies agricoles. Avec cette plateforme-là, selon les problèmes que nous rencontrons, surtout spécifiques aux cultures qu’on va mettre en place, on peut déjà trouver dans ces innovations-là des éléments qui peuvent nous permettre de nous adapter le mieux. Par exemple, on aura une base de données où on va nous dire que voici les variétés ainsi que les variétés résistantes à la sécheresse et les variétés qui sont tolérantes au sel, les variétés qui sont résistantes à tel aléa. Donc, ça nous permettra de pouvoir choisir selon notre contexte ce qui nous conviendrait. Et ceci est disponible pour beaucoup de cultures. Ça fait près de 400 innovations et technologies agricoles qui sont mises à la disposition du public et l’accès est gratuit. Je pense que le Coraf fait un effort et c’est à travers leur appui scientifique aussi parce que je sais très bien qu’ils travaillent avec beaucoup d’instituts de recherche au niveau national, dans différents pays. Et c’est le fruit de ces recherches-là qui a conduit à ce que nous observons actuellement.

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Qu’en est-il du financement de la recherche agricole par les pouvoirs publics ?

Je suis aussi chercheur, comme je l’ai dit depuis le début. C’est mon domaine. Je suis enseignant-chercheur d’université. Et quand je vous parlais, par exemple, du financement de la recherche, je pense que c’est une politique au niveau étatique. Normalement, nous avons des centres de recherche et il y a une politique aussi de financement de la recherche. Chaque année, normalement, l’État finance à une certaine hauteur selon sa capacité. Probablement que ce n’est pas suffisant, je dis toujours que ce n’est pas suffisant, tant qu’on va augmenter, on ne va pas refuser. Mais il faut qu’on dise aussi que si l’État a les capacités, il faut que l’État puisse vraiment nous soutenir parce que nous travaillons, ce n’est pas seulement pour nous, mais on travaille aussi pour les producteurs, pour tous ceux qui sont au niveau du milieu du monde agricole. Les politiques étatiques, je pense que ça dépend des pays. Comme on le dit, je l’avais dit au départ, il faut que le diagnostic soit bien fait. Si on a un bon diagnostic et que le problème est identifié, je pense que l’État va facilement pouvoir financer si nous avons pu convaincre les décideurs par rapport à l’importance des solutions que nous apportons à leur niveau.

Un mot pour conclure cet entretien.

J’aimerais d’abord vous remercier pour l’initiative, parce qu’aujourd’hui, tel que nous l’avons dit, le changement climatique est manifeste et il faut que le message puisse passer. S’il y a une oreille qui entend qu’elle en parle à une autre et que nous puissions vraiment permettre à nos producteurs de prendre conscience. Ils le savent déjà, mais ils ne savent pas comment s’y prendre, et aux autorités aussi de vraiment bien nous supporter, parce que si le problème n’a pas été pris au sérieux dès maintenant, plus tard, les scénarii par rapport aux différentes conséquences existent déjà et on n’a pas besoin d’aller fouiller dans les encyclopédies, quelque part dans les bibliothèques pour pouvoir les retrouver. On le sent, c’est palpable. Donc on va juste demander un accompagnement au niveau des autorités pour que vraiment les gens puissent être informés et que les producteurs aussi puissent avoir des informations surtout pour des calendriers agricoles qui sont adaptés. Ça, c’est très important.

Propos recueillis par Emmanuel M. LOCONON

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