Grâce à ses forêts tropicales, ses savanes, ses zones humides et ses écosystèmes marins, la République Démocratique du Congo (RDC) abrite une grande diversité d’espèces animales et végétales. Pourtant, derrière cette abondance se cache le problème de conservation qui freine la réponse aux besoins vitaux des populations.
Dans de nombreuses régions du pays, les ressources naturelles demeurent librement accessibles aux populations locales. Cette réalité, combinée à une croissance démographique soutenue et à des besoins économiques croissants, exerce une pression considérable sur les écosystèmes. Déforestation, chasse illégale, exploitation minière artisanale et pollution fragilisent chaque jour un peu plus l’équilibre écologique du pays. C’est précisément cette tension entre usage et protection que résume Jocelyne Kazadi Mpemba, experte en sciences halieutiques : « Nous savons que nous devons utiliser les ressources naturelles parce qu’elles sont nécessaires pour la vie, mais nous avons aussi un devoir de protection »
Un cadre institutionnel pour protéger le seul littoral protégé du pays
Pour répondre à ce défi, la RDC a fait le choix d’une réponse institutionnelle. Rencontrée à Lomé en marge d’une formation sur les instruments mondiaux liés à la conservation de la biodiversité aquatique, organisée par le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), Mpemba détaille le dispositif mis en place. « Nous avons une aire protégée au niveau de la RD Congo qu’on appelle le Parc Marin des Mangroves, placé sous le ministère de l’Environnement et de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature. Le ministère de l’Environnement a également mis en place un centre de contrôle et de pollution marine », a-t-elle déclaré.
Ces deux entités, le parc et le centre de contrôle, forment le pilier de la politique de protection côtière du pays. Leur création traduit une volonté claire : sortir la gestion de cet écosystème unique de l’informel pour l’inscrire dans un cadre légal et opérationnel durable.
Un équilibre encore à consolider
Si le dispositif existe, le chemin reste long. Le Parc Marin des Mangroves demeure le seul espace côtier protégé d’un pays pourtant doté d’une biodiversité parmi les plus riches du monde. Sa pérennité dépendra de la capacité de l’État à mobiliser des ressources suffisantes, à impliquer les communautés riveraines et à renforcer les compétences de ses experts, à l’image des formations portées par des institutions comme l’UA-BIRA. Entre le droit d’usage et le devoir de protection, la RDC cherche son équilibre. Et cet équilibre se joue, pour partie, dans les mangroves de Muanda.
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