Le 21 février 2026, la Côte d’Ivoire a inauguré l’initiative Cacao Carbone+, une plateforme nationale qui ambitionne de transformer la filière cacao en moteur de durabilité et de revenus verts.
Premier producteur mondial, le pays prévoit de convertir 2,5 millions d’hectares de plantations en agroforêts d’ici 2035, de planter 100 millions d’arbres et de valoriser 250 millions de tonnes d’équivalent CO₂. Selon les estimations officielles, cette transition pourrait générer près de 700 milliards FCFA pour les producteurs. L’annonce intervient dans un contexte marqué par une déforestation massive. D’après la FAO et le programme REDD+, la Côte d’Ivoire a perdu environ 80 % de son couvert forestier en soixante ans, principalement sous l’effet de l’expansion des plantations de cacao et de l’exploitation abusive des ressources forestières. Cette réalité fragilise la biodiversité et accentue les effets du changement climatique, ce qui rend indispensable une transition vers des pratiques agricoles plus durables.
Le projet est piloté par le Conseil du Café-Cacao, avec l’appui de la FAO, du PNUD et de la GIZ. Les producteurs, placés au cœur du dispositif, bénéficieront d’un accompagnement technique et d’une traçabilité renforcée afin de répondre aux standards internationaux. Cette coalition illustre la volonté de conjuguer expertise institutionnelle et savoir-faire local pour assurer la réussite du programme.
Les retombées attendues dépassent le seul cadre agricole. Sur le plan écologique, il s’agit de restaurer les écosystèmes et de renforcer la résilience climatique. Sur le plan économique, le programme promet de diversifier les revenus des producteurs et d’ouvrir l’accès à des marchés premium. Enfin, sur le plan politique, il confère à la Côte d’Ivoire une crédibilité accrue dans les négociations internationales sur le climat.
Toutefois, les défis restent considérables. La réussite dépendra de la mobilisation des producteurs, de la stabilité des mécanismes de financement carbone et de la capacité du pays à maintenir une traçabilité irréprochable dans un marché marqué par la volatilité des prix. Avec Cacao Carbone+, la Côte d’Ivoire entend faire du cacao non seulement une richesse agricole, mais aussi un passeport vert vers l’avenir, en liant prospérité économique et responsabilité environnementale.
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