ActualitésAfriqueagro-business

Orge : L’Algérie bondit de 50 % et vise le podium africain

Troisième producteur africain d’orge, l’Algérie affiche des ambitions renouvelées pour cette céréale longtemps reléguée au second plan. Les chiffres récents sont encourageants, mais les défis restent entiers.

La production d’orge en Algérie pourrait atteindre 1,2 million de tonnes lors de la saison 2025-2026, selon les projections de l’USDA, soit une hausse de 50 % en deux ans. Une progression qui rapproche le pays du Maroc et pourrait rebattre les cartes du classement africain dominé par l’Éthiopie et le royaume chérifien. Sur la période 2021-2023, la FAO estimait encore la production algérienne autour de 800 000 tonnes par an, ce qui plaçait déjà le pays au troisième rang africain, derrière l’Éthiopie (2,2 millions de tonnes) et le Maroc (1,6 million). Deuxième céréale cultivée en Algérie après le blé, l’orge occupe une place stratégique dans l’agriculture nationale, un rôle que les statistiques récentes invitent désormais à reconsidérer.

Ce sursaut n’est pas le fruit du hasard. En septembre 2024, le ministère de l’Agriculture a annoncé l’extension des surfaces céréalières, en allouant environ un million d’hectares à l’orge, accompagnés de semences et d’engrais subventionnés. Une intervention directe de l’État qui traduit une volonté claire, celle de réduire la dépendance aux importations et avancer vers la souveraineté alimentaire, priorité nationale depuis les turbulences des marchés mondiaux.

La demande intérieure dépasse 1,9 million de tonnes par an, alimentée principalement par l’élevage bovin, ovin et caprin. Même avec la hausse projetée, le pays ne couvrirait qu’environ 63 % de ses besoins, mieux qu’hier, mais loin de l’autosuffisance.

Et la sécheresse, elle, ne s’est pas retirée!

La production céréalière totale de 2024 a chuté de 22 % sous la moyenne quinquennale, les cultures d’orge ayant particulièrement souffert du manque de précipitations. Ce rappel climatique illustre la vulnérabilité d’une agriculture encore largement tributaire des pluies. Dans un contexte de réchauffement accéléré au Maghreb, aucune projection ne peut ignorer ce facteur de risque structurel.

Sur le continent, la compétition s’intensifie également. Le Nigeria et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne développent activement leur propre filière orge, attirés par la rusticité de la plante et les besoins croissants de leurs industries brassicoles. Pour l’Algérie, cette montée en puissance de nouveaux acteurs est un avertissement : le podium n’est pas acquis.

Passer durablement au-dessus du seuil de l’autosuffisance exigera davantage que des subventions conjoncturelles. Il faudra investir massivement dans l’irrigation, moderniser les infrastructures de stockage, et engager une recherche agronomique capable de fournir des variétés résilientes face aux aléas climatiques.

Ablam AKODJEVO

LIRE AUSSI Conseil agricole : Le Burkina Faso harmonise les méthodes et outils

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
%d blogueurs aiment cette page :

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité