ActualitésAfriqueagro-business

Conseil agricole : Le Burkina Faso harmonise les méthodes et outils

Face aux défis persistants de la sécurité alimentaire, le Burkina Faso renforce son dispositif d’accompagnement des producteurs. La présentation du « Guide national des méthodes et outils de vulgarisation et de conseil agricole » marque une étape clé dans l’harmonisation des pratiques et l’amélioration durable des performances agricoles.

Atteindre la sécurité alimentaire demeure une priorité stratégique pour le Burkina Faso. Les autorités burkinabè l’ont réaffirmé à plusieurs reprises, en misant notamment sur l’amélioration durable des rendements agricoles, levier essentiel pour renforcer la résilience des populations et soutenir la croissance économique. Secteur vital pour le pays, l’agriculture occupe près des trois quarts de la population active et contribue à plus de 20 % du PIB.

L’année 2025 s’inscrit d’ailleurs comme une période exceptionnelle pour le secteur. Le Burkina Faso a enregistré une production céréalière record de plus de 7 millions de tonnes. Cela traduit les efforts consentis en matière d’intensification agricole, de soutien aux producteurs et d’adaptation aux aléas climatiques. Un résultat encourageant, mais qui ne masque pas des défis persistants, notamment en matière de diffusion des innovations et technologies agricoles (ITA).

Car malgré les performances enregistrées, les autorités reconnaissent l’existence de dysfonctionnements dans l’offre de services de vulgarisation et de conseil agricoles. Dans la préface du Guide national des méthodes et outils de vulgarisation et de conseil agricole, le ministre d’État, ministre de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, dresse un constat sans détour. « L’offre de services de vulgarisation et de conseil agricoles est assurée de nos jours par une pluralité d’acteurs publics et privés qui utilisent les différentes méthodes et outils à leur guise ». Une situation qui, selon le ministre, affecte l’efficacité des approches mises en œuvre et, par ricochet, l’adoption des techniques et technologies par les acteurs des filières agricoles, pastorales et halieutiques.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’élaboration du guide, officiellement présenté lors d’un atelier de partage et de diffusion tenu le 23 janvier, en présence des acteurs institutionnels, techniques et partenaires du secteur rural. Le document se veut un outil de référence destiné à orienter, harmoniser et professionnaliser les pratiques de vulgarisation et de conseil agricole sur l’ensemble du territoire burkinabè.

Selon Naon Zoungrana, chargée de mission du ministre de l’agriculture, l’ambition de ce manuel dépasse la simple normalisation des méthodes. Il vise avant tout à poser les bases d’une amélioration durable de la productivité agricole, tout en contribuant à la transformation des systèmes de production. « Le Guide national des méthodes et outils de vulgarisation et de conseil agricole s’inscrit pleinement dans la vision de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. Il constitue un outil opérationnel destiné à accompagner la mise en œuvre des programmes structurants de l’État, notamment ceux relatifs à l’intensification agricole, à la mécanisation, à la gestion durable des ressources naturelles et à l’adaptation aux changements climatiques », a-t-elle expliqué.

Le guide propose un cadre commun, en définissant les principes, les rôles des acteurs et un répertoire structuré des principales méthodes et outils de vulgarisation agricole. Des approches telles que les champs écoles paysans, les plateformes d’innovation, les émissions radiophoniques interactives ou encore le conseil de gestion des exploitations y sont décrites avec leurs objectifs, leurs modalités d’application et leurs limites.

À travers ce document, c’est un pas supplémentaire vers une agriculture plus performante, plus résiliente et véritablement au service de la sécurité alimentaire nationale. Pour rappel, L’élaboration du guide a été possible grâce au travail de plusieurs acteurs et institutions dont le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF).

Auriol HOUDEGBE

LIRE AUSSI José H. Ahodode, agronome : « Nous ne sommes pas des conseillers agricoles ‘’sans fermes‘’ »

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
%d blogueurs aiment cette page :

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité