
La Commission de l’Agriculture de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin a organisé ce vendredi 11 octobre à l’Isba, une conférence dénommée vendredi de l’Académie. En présence de nombreux participants intéressés par la thématique agricole, les initiateurs ont axé les communications sur l’état des lieux et les défis de la transhumance face au développement durable au Bénin.
Axée sur le thème « Transhumance au Bénin : Enjeux, défis et perspectives pour le développement », l’Académie s’est spécifiquement penché sur les dynamiques sociales et les facteurs déterminants les conflits liés à la gestion des ressources pastorales au Bénin puis sur les perspectives et enjeux de la transhumance dans un contexte de variabilité climatique.
Selon le premier communicateur, André Aboh, zootechnicien pastoraliste, et de transhumances, la multiplicité des portes d’entrées des éleveurs transhumants vers le Bénin, le non-respect des couloirs de transhumance, l’évolution démographique locale, l’extension des cultures dans les espaces de transhumance, mais aussi les pratiques de collusion entre autorités locales et transhumants sont quelques-unes des principales causes de la désorganisation de la transhumance et des conflits trop souvent sanglants entre pasteurs et agriculteurs locaux. À sa suite, Oscar TEKA, spécialiste en Agro climatologie et de l’Aménagement des parcours ajoute que la variabilité des climats, le chevauchement des calendriers agricoles, la disparition progressive des espèces végétales à haute valeur d’appétence et le silence des autorités compétentes aggravent la situation. En dépit des dispositions juridiques et organisationnelles prises, le potentiel de la transhumance transfrontalière est méconnu.
Ainsi, un flou entoure la gestion des taxes collectées sur chaque tête de bovin par les communes auprès des transhumants. L’accroissement du gaz à effet de serre dû à la méthanisation des matières organiques non-exploité pour la fabrication de gaz domestique. De même, aucune initiative n’est prise pour la production même privée de fourrage ou d’espèces végétales à haute valeur d’appétence, encore moins la valorisation du marché qui se crée entre transhumants et locaux.
Ces constats ne laissent pas indifférents les initiateurs de la conférence qui tirent la sonnette d’alarme. Dans une ambiance sérieuse et enthousiaste, ceux-ci ont identifié avec l’assistance les défis qui s’imposent pour un réel retournement de situation. Selon Oscar TEKA, les conclusions issues de ces assises seront transmises au gouvernement afin que des approches correctrices soient envisagées.
Méchac Awokoloïto



