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Le Burkina et BRAKINA s’unissent pour un maïs à faible teneur en aflatoxines

Le Burkina Faso a lancé une opération d’appui à la production de maïs de qualité, à faible teneur en aflatoxines. L’initiative a été officialisée lors d’une cérémonie, ce jeudi 4 septembre 2025 à Ouagadougou, présidée par Françoise Naon, chargée de mission du ministre d’État en charge de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques (MARAH). L’atteinte de cet objectif se fera en partenariat avec la société BRAKINA.

Au Burkina Faso, le maïs est la deuxième céréale en termes de superficie cultivée et de production, juste derrière le sorgho. Selon Françoise Naon, il joue un rôle central dans l’alimentation des ménages, l’agroalimentaire, l’élevage, ainsi que dans l’économie nationale. Les producteurs en tirent une source « majeure de revenus », ainsi que l’économie nationale. Le maïs occupe une grande place dans l’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025.

Pour cette raison, la filière bénéficie d’importants moyens de la part du gouvernement pour son développement. Pourtant, la filière fait face à plusieurs défis : appauvrissement des sols, attaque de la chenille légionnaire, et surtout contamination par les aflatoxines. « L’aflatoxine détériore la qualité du maïs et le rend impropre à la transformation », a souligné Prosper Zemba, directeur général de la production végétale. Une situation qui contraint de nombreuses personnes à se tourner vers les importations, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’économie nationale.

Un partenariat MARAH–BRAKINA pour une filière plus compétitive

C’est pour accroître durablement la production du maïs en qualité comme en quantité et assurer la sécurité alimentaire que le gouvernement se lance dans une opération d’appui à la production de maïs de qualité, à faible teneur en aflatoxines. La phase pilote de cette opération débute sur 600 hectares, qui ont été emblavés pour la campagne agricole 2025-2026, dans cinq zones ciblées : Nakambé, Nando, Bankui, Guiriko et Tannounyan. La BRAKINA, « grande consommatrice » de maïs, accompagne l’État sur cette lancée, ce qui a conduit à la signature d’une convention entre les deux parties prenantes. Désormais, la société pourra s’approvisionner localement avec de la matière première de qualité pour ses activités. La chargée de mission a salué les responsables de la BRAKINA pour ce projet ambitieux, renseigne le ministère dans une publication. « Le maïs de qualité doit devenir le standard de notre production nationale, au bénéfice des producteurs, des transformateurs et des consommateurs », a affirmé Françoise Naon.

Au cours de la campagne agricole 2025-2026, la phase pilote de production de ce type de maïs s’est déjà faite sur 600 hectares. Dès 2027, le partenariat vise une production annuelle de 100 000 tonnes de maïs de qualité, avec l’objectif d’augmenter les rendements de 30 % et faire du maïs burkinabè une référence régionale, capable de répondre aux besoins du marché local et même d’être exporté à l’international. Cette production respectera des teneurs en aflatoxines strictement contrôlées, inférieures à 4 ppb (soit 4 microgrammes par kilogramme), conformément aux normes internationales. Dans ce cadre, les producteurs bénéficient déjà d’un accès à des semences améliorées, à des produits phytosanitaires développés localement, ainsi qu’à des formations techniques.

Auriol HOUDEGBE

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