Dans le cadre d’un déjeuner de presse tenu le 1er août 2025 à Bagré, le ministre d’État en charge de l’Agriculture, Ismaël Sombié, a fait le point sur la dynamique de transformation engagée dans le secteur agropastoral. Entre réformes structurelles, investissements massifs et vision à long terme, le gouvernement burkinabè confirme sa volonté de faire de l’agriculture le socle de la souveraineté alimentaire nationale.
Réunis ce vendredi 1er août 2025 autour d’un déjeuner de presse au Centre écotouristique de Bagré, dans la région du Nakambé, le ministre d’État en charge de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, et le ministre délégué, Dr Amadou Dicko, ont dressé un bilan d’étape de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH), tout en dévoilant les perspectives à moyen terme.
Une dynamique de transformation portée par des réformes ambitieuses
Sous l’impulsion du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, l’OAPH constitue l’un des projets phares du gouvernement burkinabè. Lancée en 2023, cette initiative vise à faire de la souveraineté alimentaire un objectif stratégique et atteignable. Pour cela, une série de réformes profondes ont été entreprises pour réorganiser les structures du secteur agricole, améliorer la gouvernance des filières, sécuriser l’accès aux intrants, et renforcer l’encadrement technique des producteurs.
L’OAPH s’articule autour de huit filières prioritaires : riz, maïs, blé, pomme de terre, poisson, bétail-viande, volaille et mangue. Au bout de deux ans, ces efforts ont permis d’asseoir de nouveaux leviers de financement, d’intensifier la mécanisation, de lancer des cultures spécifiques à forte valeur ajoutée, et de moderniser les dispositifs vétérinaires et de vaccination animale.
Une campagne agricole sous surveillance, mais sans inquiétude majeure
La campagne agropastorale 2025-2026 a démarré dans un contexte marqué par une installation tardive des pluies dans plusieurs régions. Ce retard climatique a été identifié comme un défi, mais selon le ministre d’État, il n’impacte pas gravement le déroulement des opérations, qui se poursuivent sur le terrain. La situation phytosanitaire reste sous contrôle, malgré la présence localisée de la chenille légionnaire d’automne. Sur le plan zoosanitaire, aucun foyer de maladie n’a été signalé à ce jour.
Tout en reconnaissant les aléas, le ministère se montre confiant quant à l’atteinte des objectifs de la campagne. « Aucun objectif n’est menacé », a insisté le ministre. Les équipes techniques sont pleinement mobilisées, et des mesures d’accompagnement sont continuellement ajustées en fonction de l’évolution de la saison.
Un appui massif de l’État au monde rural
Au cœur de cette offensive agricole, l’État burkinabè a mobilisé plus de 104 milliards de FCFA pour soutenir la campagne 2025-2026. Ce financement a permis d’outiller les producteurs et d’intensifier la mécanisation. En matière d’intrants agricoles, ce sont 15 000 tonnes de semences, plus de 70 000 tonnes d’engrais minéraux (NPK et urée), ainsi que 31 851 litres de produits phytosanitaires qui ont été mis à disposition. Sur le plan vétérinaire, environ 67 millions de doses de vaccins et médicaments ont été distribués pour renforcer la couverture sanitaire animale.
La mécanisation du secteur s’est traduite par la livraison de plus de 600 tracteurs, 1 102 motoculteurs, des moissonneuses, des unités de transformation, ainsi que divers équipements d’irrigation, incluant 485 motopompes et près de 30 000 tubes PVC. « La mécanisation est au cœur de notre stratégie », a rassuré le ministre d’Etat. Le gouvernement a également renforcé la mobilité des agents sur le terrain avec 1 033 motos, 36 véhicules pick-up et 35 camions destinés aux structures d’appui.
Dans le domaine de l’élevage, l’effort s’est matérialisé par la distribution de 2 250 noyaux reproducteurs de petits ruminants, 2 794 kits de volaille, et 1 000 animaux d’embouche, en plus de l’appui aux travaux de labour dans les zones aménagées. Ces investissements visent à renforcer la résilience des producteurs, soutenir la productivité et consolider l’objectif de souveraineté alimentaire du Burkina Faso.
Sur le volet hydraulique, des équipements d’irrigation ont été fournis pour permettre l’exploitation optimale des bas-fonds et des périmètres agricoles. En ce qui concerne l’élevage, les appuis ont porté sur la distribution d’animaux reproducteurs, de kits de volaille, ainsi que sur la facilitation des travaux de labour dans les zones aménagées. Ces appuis intégrés traduisent une volonté politique de créer les conditions d’une agriculture plus résiliente, plus productive, et mieux structurée.
Une vision à moyen terme tournée vers la résilience
Au-delà de l’urgence saisonnière, le gouvernement poursuit une stratégie de transformation durable du secteur agropastoral. Parmi les grandes orientations figurent la mécanisation intégrale des plaines, le renforcement des brigades agricoles sur le terrain, le développement de l’alimentation animale locale, ainsi que la promotion de la production laitière à travers l’introduction de races performantes.
Le ministère entend également intensifier les campagnes de vaccination, améliorer les services vétérinaires et renforcer les capacités des structures de production, de transformation et de commercialisation. Ces axes stratégiques visent à assurer la sécurité alimentaire du pays tout en consolidant l’autonomie des exploitants.
En deux années d’actions soutenues, l’OAPH a redonné espoir au monde rural burkinabè. À travers des réformes audacieuses, des investissements ciblés et une coordination renforcée des acteurs, le Burkina Faso s’inscrit dans une dynamique de reconquête de sa souveraineté alimentaire. Comme l’a souligné le ministre Ismaël Sombié lors de cette rencontre avec la presse, la souveraineté alimentaire n’est plus un idéal lointain. Elle devient peu à peu une réalité tangible.
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