Près de 400 manifestants, composés d’agriculteurs, de militants écologistes et de représentants de syndicats ainsi que d’associations de malades, ont organisé, lundi 17 novembre 2025, un blocage à l’entrée de l’usine BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime. Spécialisée dans la fabrication de pesticides, notamment des insecticides et fongicides, cette usine a une production annuelle dépassant les 1 500 tonnes.
Les manifestants dénoncent les rejets massifs de polluants persistants appelés PFAS, qualifiés de « polluants éternels » en raison de leur résistance à la dégradation dans l’environnement. En mai 2024, l’usine a rejeté un niveau record de TFA dans la Seine, une molécule issue des PFAS, susceptible d’avoir des effets nocifs pour la santé. Les riverains expriment leur inquiétude face à la pollution chimique croissante et l’impact potentiel sur la santé publique, notamment avec une augmentation des cas de cancers supposés liés à cette exposition.
Les protestataires, soutenus par des collectifs militant contre l’usage des pesticides, dénoncent également la fabrication de substances interdites en Europe, qui seraient exportées vers d’autres pays, notamment en Amérique du Sud. Ce qu’ils qualifient de « colonialisme chimique », où des produits dangereux sont fabriqués en France pour être vendus là où la réglementation est moins stricte.
Par ailleurs, d’après le média France bleu, des manifestants ont réussi à pénétrer dans l’usine afin de récupérer des preuves sur ces pratiques, notamment concernant des pesticides interdits. La mobilisation vise à appeler à une révision profonde des politiques agricoles et à une meilleure reconnaissance des maladies professionnelles causées par ces substances.
BASF a réagi en précisant qu’un plan de réduction des rejets polluants était en cours, validé par les autorités. Cependant, les habitants et les associations réclament une transparence totale et une action plus ferme pour limiter définitivement cette pollution aux effets dévastateurs. Cette action s’inscrit dans une dynamique plus large de contestation contre l’agrochimie et pour la transition vers des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de la santé des populations et de l’environnement.
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