
La ville de Gaborone, capitale du Botswana a accueilli le premier Sommet africain sur la biodiversité. Tenu du dimanche 2 au mercredi 5 novembre 2025, l’événement a permis à Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’Union africaine de lancer un appel à considérer la biodiversité non plus comme une simple préoccupation écologique, mais comme le socle d’un développement africain résilient, souverain et prospère.
Placée sous le thème « Valoriser la biodiversité pour la prospérité de l’Afrique », cette première édition du sommet de Gaborone a réuni gouvernements, collectivités locales, scientifiques, société civile et jeunesse. Dans son discours, Selma Malika Haddadi a rappelé que les paysages emblématiques du continent, dont les forêts du bassin du Congo et les savanes sahéliennes, ne sont pas de simples décors naturels. Ils sont des régulateurs du climat, des réservoirs de vie et des symboles puissants de l’identité africaine. En 2024, l’Afrique a perdu 76 % de sa biodiversité, et les tendances pour 2025 restent préoccupantes. Aussi, plusieurs pays ont-ils connu des records de température, des sécheresses prolongées et des inondations extrêmes, affectant la sécurité alimentaire et les écosystèmes. Les déchets plastiques et chimiques menacent les milieux aquatiques et terrestres, avec une faible capacité de traitement dans de nombreux pays.
Face à la triple crise interconnectée, perte de biodiversité, changement climatique et pollution, la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine a plaidé pour une réintégration urgente de la nature, comme levier de résilience et de souveraineté, dans les politiques publiques. Elle a également insisté sur la nécessité d’un financement adéquat, d’une gouvernance renforcée et de partenariats équitables pour transformer les engagements en actions concrètes. Ce qui conduira à une mobilisation collective permettant de faire de la biodiversité un moteur de prospérité partagée.
Une feuille de route ambitieuse et pragmatique
Le sommet a débouché sur une feuille de route stratégique articulée autour de trois axes majeurs : la restauration des écosystèmes dégradés, la promotion des investissements verts et le renforcement des capacités nationales. Ces mesures visent à positionner l’Afrique comme un acteur majeur de la transition écologique mondiale, de par ses ressources naturelles et sa responsabilité collective.
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