Le jeudi 30 avril 2026, l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB) a procédé au lancement officiel de sa deuxième rentrée solennelle. Cette rencontre, qui a réuni chercheurs, docteurs et acteurs du secteur agricole, marque un temps fort de relance des activités scientifiques au service du développement agricole au Bénin.
Placée sous le thème « La recherche agricole au cœur de la transformation structurelle du Bénin à l’horizon 2060 : Innover pour un monde de splendeurs », cette rentrée solennelle se veut un cadre stratégique d’échanges. Elle vise à renforcer les liens entre la recherche et les pratiques agricoles, favoriser l’émergence d’innovations durables, et contribuer à la transformation structurelle de l’agriculture béninoise ainsi qu’à la résilience du secteur.
Pour Hervé Sossou, directeur général de l’INRAB, la rentrée solennelle dépasse le cadre académique et consacre la recherche comme levier essentiel de transformation, la science étant centrale pour l’orientation et l’efficacité des actions agricoles. Insistant sur la nécessité de dépasser les approches classiques pour une démarche orientée vers l’impact concret, il a mis en avant les réformes engagées se rapportant aux programmes pluriannuels et mécanismes d’évaluation. « C’est sous la base de cette nouvelle architecture scientifique que le plan de travail annuel budgétisé 2026 a été élaboré, lequel n’est plus un simple exercice de planification administrative mais un véritable outil opérationnel de pilotage de la recherche, assurant la cohérence entre les ressources mobilisées, les activités menées et les résultats attendus », a-t-il affirmé.
Quant au directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, Dossa Aguémon, situant cette rentrée dans un contexte de compétitivité agricole et de transformation économique, il a mis en avant le rôle central de la recherche comme levier d’innovation et de performance. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la productivité par des solutions adaptées aux producteurs et d’accélérer la transformation locale pour créer plus de valeur ajoutée. « La productivité, c’est un levier essentiel, on ne peut pas en parler sans les chercheurs », a-t-il ajouté.
Défis du système agricole et perspectives à l’horizon 2060
Au Bénin, selon les données de la FAO, 65 % des terres sont érodées et 35 % dégradées. Ainsi, Dr Patrice Adegbola, directeur général honoraire de l’INRAB, a mis en lumière les enjeux. Selon lui, la modernisation des chaînes de valeur constitue un défi majeur pour générer plus de valeur ajoutée locale et réduire la dépendance à une seule filière. « Les principales recettes d’exportation proviennent de la filière coton et, si l’on dépend d’une seule filière, cela pose des problèmes de gestion des risques », a-t-il averti. Il a insisté sur la nécessité de mieux intégrer les institutions de recherche dans les décisions publiques pour faciliter le transfert des innovations.
En outre, le système de recherche agricole béninois présente à la fois faiblesses et atouts, notamment la faible valorisation des résultats, la faible appropriation des innovations, la déconnexion avec les politiques publiques et un déficit d’infrastructures, mais aussi des acquis scientifiques solides et des sites expérimentaux à fort potentiel. À l’horizon 2060, le Bénin ambitionne de s’affirmer comme un pays de paix, de bien-être partagé et de rayonnement international, fondé sur une gouvernance efficace, une cohésion sociale renforcée et une meilleure valorisation des produits locaux. Cette vision repose sur la gestion durable des terres, la mécanisation, l’irrigation, l’accès aux intrants et la promotion de la recherche scientifique.
À travers cette rencontre, l’INRAB réaffirme sa volonté de faire de la recherche agricole un levier central du développement du Bénin, en renforçant les synergies entre acteurs du secteur. La cérémonie a été marquée par la remise d’objectifs aux chercheurs et des moments de convivialité. Au-delà de son caractère solennel, cette rentrée s’inscrit comme un cadre stratégique de mobilisation pour relever les défis de la sécurité alimentaire, de la résilience climatique et de la compétitivité agricole.
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