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Bénin : l’INRAB lance sa première rentrée solennelle de recherche agricole

L’INRAB a lancé, ce jeudi 24 avril 2025, la première édition de sa rentrée solennelle de la recherche agricole. L’objectif est de faire de la recherche, en particulier celle agricole, le levier central de la transformation durable de l’agriculture et de l’économie. Le lancement a été effectué par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, ainsi que par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yayi Ladékan.

Cette première rentrée solennelle, organisée autour de la thématique : « La recherche agricole au Bénin pour le bien-être de la population : enjeux et défis », a mis en avant la place de la science et de l’innovation comme leviers stratégiques au service d’une agriculture béninoise moderne, durable et résiliente. Elle marque également le lancement officiel de l’année de la recherche agricole 2025. Dans son mot de bienvenue, le Directeur général de l’INRAB, Comlan Hervé Sossou, a rendu un hommage vibrant aux chercheurs surtout seniors, qu’il a qualifiés de « gardiens de la mémoire scientifique et mentors de la relève », soulignant l’importance de la transmission intergénérationnelle du savoir.

La rentrée solennelle de l’INRAB marque l’ouverture d’une nouvelle dynamique de gestion de la recherche agricole, dans un contexte où les défis sont nombreux : changement climatique, pression démographique, exigences alimentaires, mutation des systèmes de production. « Elle représente également une occasion privilégiée pour l’INRAB de consolider sa collaboration avec l’ensemble des acteurs de la scène agricole dans le but de mettre en œuvre des solutions concrètes et accessibles aux producteurs, quel que soit le niveau de structuration de leurs exploitations », a expliqué Comlan Hervé Sossou. Après la procession des différents chercheurs de l’Institut et le mot de bienvenue, les participants ont eu droit à une communication sur la thématique de la rentrée.

La recherche agricole au Bénin : l’INRAB porteur de changement

Le conférencier, Docteur Nestor Ahoyo Adjovi, a rappelé que la recherche agricole n’est pas qu’une activité scientifique, mais aussi le moteur du progrès économique et social, notamment pour les populations rurales. Il a retracé l’évolution de la recherche agricole au Bénin, depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, mettant en lumière les avancées progressives et les transformations majeures qu’elle a connues, dont la création de l’INRAB.

Grâce aux efforts conjoints de l’INRAB, des universités et de leurs partenaires, les rendements des principales cultures ont été multipliés par deux, voire trois. Le maïs est passé de 1,2 tonne à 4 tonnes à l’hectare ; le riz, de 1,5 à 3,5 tonnes ; le soja, de 0,8 à 2,5 tonnes ; et le manioc, de 8 à 12 tonnes. La production piscicole est passée de 15 kg à 50 kg par mètre cube, et la productivité laitière des vaches a crû de 500 à 1 200 litres par an.

Cependant, Dr Nestor a dénoncé l’insuffisance du nombre de chercheurs spécialisés, ainsi que le manque d’équipements et d’infrastructures modernes. Face à ces défis, il a recommandé, entre autres, de favoriser un dialogue constant entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée ; d’améliorer les politiques publiques de soutien à l’innovation ; et d’encourager l’investissement privé dans le secteur.

Plaidoyer pour une vulgarisation et une valorisation accrue des innovations

À travers ces recherches, innovations et partenariats, l’INRAB s’affirme comme un pilier important du système national de recherche. Dans la dynamique de la conférence, la ministre Eléonore Yayi Ladékan a appelé à une valorisation des résultats tangibles : innovations, technologies, productions améliorées, et à la quête de brevets. « C’est autour des résultats que nous renouvelons notre engagement et appelons l’action publique, la volonté publique à se renforcer davantage… Que les résultats soient véritablement impactant pour que nos populations, nos agriculteurs, nos consommateurs, nos transformateurs soient fiers de ce que nous faisons ensemble », a-t-elle déclaré.

De son côté, le ministre Dossouhoui a recentré la recherche comme point de départ de tout progrès agricole. Il a tenu un discours franc et mobilisateur, tout en insistant sur la rigueur dans la gestion financière des fonds alloués à la recherche. Il a également critiqué le faible niveau de vulgarisation des résultats scientifiques. « Comment voulez-vous développer l’apprentissage du cajou si nous n’avons pas un institut de recherche sur le cajou ? Un institut suppose des laboratoires opérationnels. Que faisons-nous pour former des chercheurs sur le cajou, sur la biologie, la phytopathologie, l’écologie, l’agronomie du cajou, et faire en sorte que ça monte en puissance, et que les laboratoires achètent un certain nombre de résultats ? », a-t-il interrogé. Selon lui, la recherche doit contribuer à mieux structurer les filières sur l’ensemble des chaînes de valeur.

À travers cette rentrée, l’INRAB ouvre ainsi un nouveau chapitre. Il s’agit désormais de transformer les idées scientifiques en solutions concrètes, visibles sur le terrain. Au cours de la cérémonie, le nouveau Directeur général de l’INRAB, Comlan Hervé Sossou, a été officiellement investi dans ses fonctions. À son tour, il a remis aux responsables des différents Centres de recherche agricole (CRA) leur lettre de mission. Enfin, dans un geste symbolique, les chercheurs de l’INRAB ont distingué le ministre Dossouhoui, en lui faisant porter la toge scientifique, en reconnaissance de son engagement en faveur du secteur.

Auriol HOUDEGBE

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