Après l’alerte lancée sur le retrait de certains lots de lait infantile Nursie au Bénin, le Directeur général de l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA), Kinnou Kisito Chabi Sika, est intervenu sur la télévision nationale pour apporter des précisions et rassurer les parents.
Selon lui, la décision de l’ABSSA relève avant tout d’un rappel préventif, déclenché par une alerte sanitaire internationale qui concerne plus de soixante pays. Il ne s’agit pas d’une contamination massive constatée localement, mais d’une mise à jour des normes scientifiques et réglementaires européennes concernant la toxine céréulide, produite par la bactérie Bacillus cereus.
Une matière première mise en cause
Les premières inquiétudes sont apparues en Europe après l’observation de cas de vomissements et de diarrhées chez des nourrissons ayant consommé certains laits infantiles. Des investigations ont alors été lancées afin d’identifier l’origine de ces troubles. Elles ont permis d’identifier la présence de la toxine céréulide dans des produits contenant de l’huile d’acide arachidonique, un ingrédient ajouté pour rapprocher la composition du lait infantile de celle du lait maternel. Plusieurs fabricants utilisaient un fournisseur commun situé en Asie, ce qui a conduit à étendre l’alerte à de nombreux pays.
Selon lui, les scientifiques ont procédé à une nouvelle évaluation des risques liés à la toxine appelée céréulide. Cette évaluation a conduit à réviser la dose aiguë de référence, c’est-à-dire la quantité maximale de cette substance qu’un individu peut consommer sans risque pour la santé. La dose maximale autorisée a été abaissée de 0,03 µg/kg à 0,014 µg/kg de poids corporel, ce qui rend certains produits qui étaient conformes désormais non conformes. Le rappel est préventif, et non lié à une contamination massive. Il a précisé que la nouvelle valeur retenue est plus stricte que l’ancienne, ce qui signifie que certains produits qui respectaient auparavant les normes pourraient désormais dépasser les seuils autorisés.
Dans ce contexte, les fabricants ont été amenés à reconsidérer certaines gammes déjà mises sur le marché et à procéder à leur rappel par mesure de précaution. Au Bénin, le communiqué de l’ABSSA vise deux références précises : Nursie 1 Fortinutri 400 g (date limite de consommation : 7 septembre 2027) et Nursie 1 900 g (date limite de consommation : 17 septembre 2027).
En clair, le responsable de l’ABSSA insiste sur le fait que la décision de retrait découle d’une mise à jour des références scientifiques et réglementaires, plutôt que de la découverte d’une contamination massive des produits. Les parents qui détiennent ces produits sont invités à cesser leur utilisation et à les retourner dans les pharmacies ou points d’achat afin de permettre leur retrait du circuit de distribution.
Symptômes généralement bénins, mais vigilance recommandée
Selon les autorités sanitaires, les manifestations associées à cette toxine se traduisent principalement par des vomissements ou des diarrhées. Dans la plupart des cas, ces symptômes restent bénins, mais ils peuvent entraîner une déshydratation chez les nourrissons si aucune prise en charge n’est effectuée. Les parents sont donc invités à consulter un pédiatre en cas de symptômes suspects.
L’ABSSA indique que les distributeurs ont déjà commencé à retirer les produits concernés des circuits de commercialisation. Des contrôles seront également effectués afin de vérifier que les lots visés par l’alerte ne sont plus disponibles à la vente. L’agence travaille par ailleurs à la mise en place d’un système d’alerte rapide permettant d’informer plus efficacement les consommateurs en cas de nouvelles alertes sanitaires.
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