
Objet d’une exploitation irrationnelle des ressources halieutiques et à la mauvaise gestion du secteur, la pêche, et surtout la pêche artisanale, est à l’agonie au Sénégal. L’état des lieux dépeint par le site d’information Seneplus suggère des actions urgentes.
« Le sous-secteur de la pêche artisanale est malade » et seulement une bonne gouvernance du secteur pourrait corriger la chose. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des acteurs du secteur au Sénégal. Au détour d’un dossier réalisé par EnQuete, en septembre 2010 alertait déjà sur lagravité de la situation. Selon Samba Guèye, Président du Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale au Sénégal (Conipas) cité par le site d’information, « Le diagnostic concerne la consommation, en passant par l’exploitation, la valorisation sans oublier la gouvernance et le partage équitable des revenus ».
En effet, on déplore le manque de matières premières pour développer l’activité, l’approvisionnement massif des quais de débarquement avec des produits de pêche provenant de l’extérieur, de l’absence de données statistiques fiables, et d’une bonne mise en œuvre de la cogestion pour le développement durable de la pêche. Des voix déplorent le manque d’exigence des produits halieutiques locaux, un vide qu’exploitent à profit les pays limitrophes qui y importent du poisson congelé.

Par ailleurs, les femmes transformatrices déplorent une flambée vertigineuse des produits des petits pélagiques. « Nous achetons le poisson au même prix que le consommateur. La caisse de Sompate (carpe) de 20 kilos est à 18 000 F CFA, or c’était le prix d’une caisse 60 kilos. […]Les petits pélagiques n’ont jamais été destinés à l’exportation, ils servaient à la transformation, ce n’est plus le cas. Le kéthiakh (poisson séché) coûte 1500 F CFA le kilo “’, explique Diaba Diop, Présidente du Réseau des femmes transformatrices. Face à la cherté de leur matière première, elles se tournent vers la concurrence pour s’approvionner en poisson destiné au séchage.
Du fait du manque de chiffres fiables sur l’état de la pêche au Sénégal, la recherche dans le secteur reste au point mort. L’immigration, le manque de transparence dans la gouvernance de la pèche dans le pays pèsent lourd du mauvais côté de la balance. Face à ce tableau plutôt sombre, les acteurs ont le regard tourné vers les éventuelles orientations stratégiques qui pourraient être prises, pour asseoir une bonne gouvernance du secteur des pêches maritimes du Sénégal et principalement pour le sous-secteur de la pêche artisanale.
Méchac A.



