L’hôtel Golden Tulip Le Diplomate à Cotonou a accueilli, le jeudi 7 mai 2026, au séminaire de clôture du projet BIOVALOR, dédié à la structuration d’une filière de formation universitaire autour de la valorisation des bioressources, des bioprocédés et des bioproduits.
Porté par l’Université d’Abomey-Calavi en partenariat avec l’Université de Lorraine, le projet s’inscrit dans le cadre du programme « Partenariats Académiques Afrique-France ». Son objectif : renforcer les capacités des acteurs du secteur agricole, promouvoir l’innovation autour des bioressources locales et développer des solutions adaptées aux défis agroalimentaires du Bénin.
Mais au-delà des objectifs initiaux, BIOVALOR revendique aujourd’hui des résultats concrets. Sept licences professionnalisées et cinq masters ont été renforcés autour des enjeux de la bioéconomie. Le projet a également permis la réalisation de huit thèses de doctorat et la publication de onze articles scientifiques, avec une orientation résolument tournée vers les besoins des filières agricoles béninoises. Deux départements de la Faculté des sciences agronomiques ont été directement touchés par cette dynamique.
« BIOVALOR a été le moteur d’une réforme profonde au service de la FSA », a déclaré le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, Professeur Charlemagne Igue. Selon lui, le projet a contribué à faire émerger une culture entrepreneuriale et une recherche scientifique au service de la bioéconomie béninoise. À travers le projet, chercheurs, enseignants et étudiants ont travaillé à lever les verrous scientifiques qui freinent encore le développement et la transformation de plusieurs filières agricoles stratégiques.
Six chaînes de valeur ont particulièrement bénéficié des travaux menés dans le cadre de BIOVALOR : l’ananas, le riz, le cajou, le karité, le fonio et le sisrè. L’ambition affichée est de favoriser une transformation locale plus durable des produits agricoles tout en créant davantage de valeur ajoutée au Bénin. Trois impacts majeurs se dégagent de cette expérience : des formations désormais alignées sur les réalités du marché de l’emploi, l’éclosion d’une culture entrepreneuriale chez les étudiants et une recherche davantage orientée vers les enjeux de souveraineté alimentaire. Le projet a également permis au pôle entrepreneurial de se doter de sites d’application destinés à renforcer les approches pratiques et professionnalisantes des formations. En parallèle, soixante-six mobilités internationales ont été réalisées, offrant aux étudiants et enseignants l’opportunité de découvrir d’autres environnements scientifiques et culturels.
Prenant la parole au nom de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Armele Gayet a salué la réussite de ce partenariat franco-béninois, mettant en avant l’alignement du projet avec les priorités nationales, notamment en matière de transformation locale des ressources agricoles. Pour Rychen Guido, coordonnateur du projet, le travail autour de BIOVALOR a commencé en 2019, à la suite d’une visite du président des relations internationales de l’Université de Lorraine à l’Université d’Abomey-Calavi.

Démarré en janvier 2022, BIOVALOR s’appuie sur une réalité structurelle forte : au Bénin, l’agriculture représente près de 70 % de la population active et contribue à environ 33 % du produit intérieur brut. Dans ce contexte, les responsables du projet estiment que le développement de compétences en bioéconomie et en transformation agroalimentaire constitue un levier essentiel pour une industrialisation durable et une agriculture plus résiliente. Après quatre années de coopération scientifique entre le Bénin et la France, le projet BIOVALOR s’achève avec l’ambition assumée de rapprocher l’université béninoise de l’économie réelle.
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