Alors qu’elle a connu en 2017, sa plus importante crise alimentaire depuis 1945 causée entre autres par des conditions climatiques exceptionnelles, la corne de l’Afrique semble ne pas être sortie de l’ornière. Après la pire sécheresse depuis 60 ans, ce sont des plus diluviennes qui menacent toute la région et sa production agricole.
D’après Bloomberg, près de 8500 hectares de cultures ont été détruits au Kenya tandis que 5000 hectares ont été perdus au Rwanda en quelques deux jours. En effet, l’Afrique de l’Est a été fortement arrosé et les pays de la région font face à une inondation sans précédent. Ainsi, le Djibouti a enregistré en deux jours, l’équivalent de ses précipitations annuelles, l’Ethiopie, le Kenya et la Tanzanie ont également connu des niveaux de pluviométrie deux fois supérieurs à la normale. L’Ouganda, le Burundi et le Rwanda sont eux aussi soumis à d’intenses précipitations depuis quelques jours.

De quoi tiré sur la sonnette d’alarme auprès de la communauté internationale qui s’inquiète plus que jamais d’une nouvelle crise alimentaire voire humanitaire d’envergure après celle de 2017. « Les précipitations récentes ont fortement affecté la fragile sécurité alimentaire de la région est-africaine. Les populations ont vu leurs exploitations balayées par les inondations et les glissements de terrain », s’est désolé Valère Nzeyimana, Chargé des Terres et Eaux à la FAO dans des propos rapporté par l’agence Ecofin.
La crise de 2017 avait touché des zones qui se situent au centre et au sud de la Somalie, au sud-est de l’Ethiopie, au nord et à l’est du Kenya, au nord de la Tanzanie et au nord-est et au sud-est de l’Ouganda. Dans ces cinq pays, le nombre de personnes ayant eu besoin d’une aide alimentaire urgente a tutoyé les 11 millions.
Aujourd’hui, c’est toute la région qui est encore en état d’alerte car les productions agricoles ne résistent à ces pluies torrentielles qui s’abattent sur elle depuis quelques semaines.
André Tokpon



