Du 8 au 12 juillet 2025, l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) vibre aux couleurs du 38ᵉ colloque de l’Association Internationale de Climatologie (AIC), en collaboration avec le Laboratoire Pierre Pagny : Climat, Eau, Écosystème et Développement (LACEEDE/UAC). Une rencontre scientifique de haut niveau où universitaires, chercheurs et décideurs débattent des enjeux climatiques majeurs pour le continent africain et au-delà.
Selon le Professeur Clément Agbangla, représentant de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, « la maîtrise du changement climatique est l’un des défis les plus pressants de notre époque. Ses effets se font ressentir partout, influençant les écosystèmes, l’économie, la santé et les sociétés ». Face à cet état de choses, la responsabilité des chercheurs est engagée pour développer des solutions adéquates.

Cette messe scientifique annuelle, organisée par l’AIC en partenariat avec le LACEEDE/UAC, se tient cette année sous le thème : « Climat, Agriculture, Ressources en Eau, Tourisme et Développement ». La rencontre rassemble climatologues, chercheurs, doctorants, enseignants, ainsi que plusieurs autres acteurs engagés en faveur du développement durable. Ce 38ème colloque se veut une plateforme de croisement des expertises pour porter des solutions transversales aux défis climatiques.
« Le colloque […] nous offre aussi une plateforme pour affirmer la voie de l’Afrique scientifique dans les débats globaux. Nous avons la responsabilité collective, en tant qu’universitaires africains, de former des générations futures aux défis environnementaux, de leur transmettre les outils intellectuels et méthodologiques nécessaires pour construire une réponse africaine ambitieuse et rigoureuse aux changements climatiques », a déclaré le Professeur Patrick Houessou, vice-recteur de l’Université d’Abomey-Calavi.

Des thématiques au croisement du climat et du développement
Six sous-thèmes structurent les échanges : climat et santé, climat et ressources en eau, climat et agriculture, climat et tourisme, topo-climat, et les effets climatiques et impacts. Au total, 93 communications orales et 12 communications par affiches sont prévues au cours des trois jours de sessions, afin de mettre en évidence les avancées récentes dans le domaine.
« Penser le monde d’aujourd’hui et de demain exige de replacer le climat au centre de nos réflexions stratégiques. Il ne s’agit plus seulement d’en atténuer les effets, mais d’en intégrer la dimension dans chaque politique publique, chaque modèle de gouvernance, chaque initiative de coopération », a affirmé le Professeur Tahirou Djara, représentant du ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané.

Le choix du Bénin pour accueillir cette édition témoigne de la reconnaissance du rôle que joue le pays dans la promotion de la coopération internationale et du développement durable. Pour les autorités, cette rencontre scientifique est la bienvenue, car elle nourrit la vision nationale de développement : Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeur. « Nous [la mairie, Ndlr] sommes ouverts à toute initiative visant à intégrer les résultats de la recherche dans le plan de développement communal, à renforcer la résilience des populations et à promouvoir un développement inclusif et durable », a souligné Angelo Ahouandjinou, maire de la commune d’Abomey-Calavi.
L’AIC et le laboratoire Pierre Pagny attendent de ce colloque des contributions riches sur les enjeux liés au climat et au développement. Ces apports seront des outils d’aide à la prise de décision. Une excursion scientifique dans le Bas et le Moyen Bénin, à la découverte des réalités agro-climatiques du terrain, clôturera le colloque les 11 et 12 juillet 2025.
L’AIC, catalyseur de la coopération climatologique
L’AIC a été fondée en 1998 pour contribuer au développement des relations climatologiques par la promotion de la recherche et la diffusion des connaissances en climatologie. Elle organise régulièrement des activités scientifiques, colloques et publications. « C’est un creuset qui a pour objet essentiel les échanges scientifiques et la mise en place d’outils d’aide à la décision pour favoriser un meilleur partage dans les espaces géographiques », a précisé Expédit Vissin, président du comité d’organisation du 38ème colloque.

Avec plus de 40 nationalités représentées, l’AIC multiplie les ponts scientifiques entre chercheurs du Nord et du Sud. Elle a donné naissance, au niveau national, à plusieurs associations telles que l’Association ivoirienne de climatologie, l’Association burkinabè de climatologie, l’Association marocaine de climatologie, l’Association tunisienne de climatologie, l’Association brésilienne de climatologie, entre autres. Elle est également à l’origine de la création de l’Association ouest-africaine de climatologie, une structure régionale qui constitue une émanation directe de l’AIC.
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