Le gouvernement togolais a introduit, depuis le 1er janvier 2026, une taxe sur l’exportation du soja, de la noix de cajou et du karité. Cette mesure, inscrite dans la loi de finances 2026, marque une étape importante dans la stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et à encourager leur transformation sur place.
En imposant une taxe comprise entre 1 et 100 FCFA par kilogramme selon le produit, l’État entend décourager la sortie massive de ces ressources à l’état brut et inciter les producteurs à collaborer davantage avec les unités de transformation nationales. L’objectif affiché est de favoriser l’essor de l’agro-industrie locale. Cette orientation devrait permettre de créer plus de valeur ajoutée, de générer des emplois, d’améliorer les revenus des acteurs du secteur et de renforcer la compétitivité des filières agricoles togolaises.
Au-delà de l’impact économique direct, cette réforme s’inscrit dans une logique de souveraineté et de durabilité. Le Togo rejoint ainsi plusieurs pays africains qui ont déjà adopté des dispositifs similaires pour protéger leurs filières stratégiques. La transformation locale du soja, du cajou et du karité en produits finis ou semi-finis, tels que l’huile, le beurre ou la farine, ouvre la voie à une meilleure intégration dans les marchés internationaux et à une diversification des revenus.
Pour rappel, le Togo, dans une note en date du 10 mars 2025, a suspendu l’exportation des noix ou amandes de karité « à titre conservatoire ». Cette décision a été prise « au regard des difficultés d’approvisionnement des unités de transformation locales », précise le communiqué signé par les ministres du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale ; de l’Économie et des Finances ; et de l’Agriculture, de l’Hydraulique villageoise et du Développement rural.
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