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Karité : le Bénin, nouvelle plaque tournante après les interdictions régionales

Alors que plusieurs pays ouest-africains ont fermé leurs frontières aux exportations de noix de karité, le Bénin choisit une voie intermédiaire : maintenir la porte ouverte tout en ajustant sa taxe. Une stratégie qui profite aux exportateurs et renforce les recettes fiscales.

Le 27 août 2025, le président nigérian Bola Tinubu a annoncé l’interdiction provisoire, pour six mois, de l’exportation des amandes de karité. Cette décision rejoint celles déjà prises par d’autres pays producteurs comme le Burkina Faso, le Togo et le Ghana. Cette vague de restrictions dans la sous-région redessine la géographie commerciale du karité.

Désormais, le Bénin apparaît comme l’une des rares portes de sortie pour les exportateurs internationaux. En effet, contrairement à ses voisins, le gouvernement béninois n’a pas opté pour une interdiction pure et simple. Il a choisi d’augmenter la taxe à l’exportation des amandes tout en donnant la possibilité à tous les acteurs de participer à la campagne.

Une stratégie payante pour l’économie nationale

Le Bénin a relevé la redevance à l’exportation, désormais fixée à 165 F CFA par kilogramme. Cette décision, saluée par plusieurs acteurs de la filière, représente une source supplémentaire de revenus pour l’État et contribue à renforcer l’économie nationale. Les opérateurs étrangers, freinés dans les pays voisins, se tournent désormais vers le Bénin. Ce qui positionne le pays comme un nouveau centre régional du karité et ouvre des marges intéressantes pour les acteurs locaux. Cette nouvelle donne profite aussi directement aux industries installées au Bénin. Les usines qui ont trouvé un environnement favorable pour se ravitailler à des prix compétitifs.

Les exportateurs béninois ne sont pas en reste. L’augmentation de la taxe offre une marge de manœuvre supplémentaire. Les produits s’écouleront plus facilement, notamment via le port de Cotonou qui enregistre une hausse d’activité. Ceux qui choisissent d’exporter malgré la taxe conservent une porte d’accès au marché international, tandis que ceux qui alimentent les usines locales garantissent une valorisation immédiate de leurs produits.

À moyen terme, cette stratégie pourrait attirer davantage d’opérateurs au Bénin. Certains opérateurs suggèrent néanmoins que, pour maximiser l’attractivité du Bénin face aux restrictions des pays voisins, le gouvernement pourrait envisager une révision à la baisse de la taxe à 165 F CFA. Une telle mesure renforcerait encore la compétitivité du pays tout en consolidant sa position régional.

Mais pour véritablement bénéficier de cet avantage, le pays devra trouver un équilibre entre rentabilité fiscale, soutien à la transformation locale et préservation de la ressource. La mise en place de mécanismes de régulation, d’incitation à la transformation sur place, et d’un suivi rigoureux des volumes exportés pourrait être déterminante pour éviter les dérives et renforcer la résilience du secteur.

Auriol HOUDEGBE

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