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FESTIFONIO 2026 : le fonio à la conquête des assiettes et des emplois

Produits innovants, besoins en main-d’œuvre, intérêt croissant des jeunes : le FESTIFONIO 2026 met en lumière une céréale longtemps négligée, désormais perçue comme un levier de transformation économique en Afrique de l’Ouest. C’est au Centre togolais des expositions et foires (CETEF Togo 2000) que la première édition du Festival interrégional dédié à cette céréale a officiellement ouvert ses portes, réunissant producteurs, transformateurs, chercheurs et consommateurs venus de toute la sous-région.

Sous les stands dressés pour l’occasion, les visiteurs découvrent une diversité de produits : du fonio au gras, du fonio mélangé au haricot à l’image du « atassi », en passant par des biscuits, du couscous, des boissons locales et même de la bière. Ici, le fonio ne se consomme plus seulement : il se transforme, s’innove et s’impose comme une véritable opportunité économique.

Un festival pour révéler une filière encore méconnue

Initiative du Conseil interprofessionnel de la filière fonio du Togo, le FESTIFONIO se veut avant tout une vitrine. Objectif : faire connaître une céréale longtemps délaissée mais aux fortes valeurs nutritionnelles et économiques. « Beaucoup de personnes ne connaissent pas le fonio, alors qu’il est riche et bon pour la santé. S’il n’est pas consommé, les acteurs de la chaîne ne peuvent pas en tirer profit », explique Eddy Mawuvi, chargé du projet du festival. Pendant trois jours, panels, expositions, dégustations et rencontres professionnelles rythment l’événement, avec une ambition claire : repositionner le fonio dans les habitudes alimentaires et dans les politiques agricoles.

Une filière en construction, entre espoir et défis

Au cœur du festival, les échanges ne se limitent pas à la promotion. Les panels organisés ont permis de mettre à nu les défis structurels de la filière, tout en ouvrant des perspectives. Au Togo, la filière reste encore à un stade embryonnaire. Selon le président de l’interprofession, elle s’organise progressivement autour de deux principaux maillons : les producteurs et les transformateurs-commerçants. Longtemps abandonnée au profit de cultures de rente comme le coton ou de consommation comme le maïs, la culture du fonio tente aujourd’hui un retour.

Mais les défis restent nombreux : semences peu performantes issues de variétés anciennes ; production limitée et pénible, notamment à la récolte, transformation peu mécanisée avec d’importantes pertes (parfois plus de 50 %), et faible consommation liée à un manque de connaissance du produit. Pourtant, le fonio possède des vertus essentielles pour la santé humaine. Malgré ces contraintes, des avancées sont notées, notamment dans l’amélioration de la qualité du fonio mis sur le marché, désormais presque totalement débarrassé du sable.

À l’issue d’un panel consacré aux défis et aux opportunités de la filière, les participants ont insisté sur les perspectives concrètes. Un promoteur d’entreprise de transformation présent au festival affirme déjà ses besoins.  « Nous avons besoin de machinistes, de contrôleurs qualité », signe que la filière pourrait rapidement générer des emplois qualifiés. Et chez les jeunes, l’intérêt est palpable. « Si la consommation augmente, toute la chaîne va suivre », confie Komi Lao, étudiant en agroéconomie, convaincu que le fonio peut devenir un levier d’insertion professionnelle.

Changer l’image du fonio

Dans les allées du festival, les exposants s’emploient à casser les idées reçues. Le fonio n’est plus seulement une céréale traditionnelle, il devient un produit moderne, transformé et valorisé. « Je suis venu montrer le fonio sous toutes ses formes », lance Atelonti Kounassi, producteur, devant un stand où s’enchaînent dégustations et démonstrations.

Pour les organisateurs, le FESTIFONIO n’est qu’un point de départ. Le défi est désormais de transformer l’essai : faire du fonio une céréale du quotidien, au même titre que le riz ou le maïs. Le FESTIFONIO dépasse les frontières togolaises. Des acteurs venus du Bénin, du Burkina Faso et d’autres pays de la sous-région ont fait le déplacement pour partager leurs expériences. Lomé donne ainsi le ton d’une nouvelle dynamique autour de cette céréale.

Du fonio

Auriol HOUDEGBE

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